Posté le 12.05.2008 par awassapaul
9 mars 2008
Qui publie qui ?
Tirthankar Chanda
Avec l’abandon de sa tradition militante, l’écriture s’est normalisée, permettant aux auteurs francophones d’intégrer les catalogues des éditeurs français.
On est loin de la situation des années 1950 et 1960 quand Présence africaine régnait en maître sur la production africaine. Née dans le sillage de la révolution de la négritude, la maison d’Alioune Diop a non seulement publié les grands pionniers, les Césaire, Senghor, Mongo Beti, Tchicaya U Tamsi ; elle a aussi participé à la définition du champ littéraire africain en réunissant en congrès écrivains et artistes noirs appelés à débattre de la question de l’engagement des hommes de culture, du futur de leur cité. Toutefois, même pendant la période faste de Présence africaine, un certain nombre d’auteurs subsahariens, et pas les moindres (de Camara Laye à Emmanuel Dongala, en passant par Cheikh Hamidou Kane, Ferdinand Oyono ou encore Aké Loba), se faisaient publier chez les éditeurs français du « mainstream » : Plon, Julliard, Stock, Seuil, Laffont… En réalité, il n’y a jamais eu de monopole de Présence africaine. Il faudrait plutôt parler de prestige et d’influence. Une influence qui se manifeste dans l’idée que l’on se faisait de l’écrivain africain, comme la figure de proue de la résistance contre la colonisation et l’assimilation culturelle. L’écrivain était un éveilleur d’âmes enraciné dans une Afrique éternelle.
La fin d'un mythe
La véritable rupture avec cet esprit « Présence africaine » se fait à partir des années 1970 avec l’émergence des écrivains comme le Malien Yambo Ouologuem ou l’Ivoirien Ahmadou Kourouma qui déconstruisent le mythe d’une Afrique renaissant de ses cendres. Sur le plan éditorial, la rupture se traduit par un début de normalisation de l’écriture africaine qui est de plus en plus intégrée dans les catalogues des éditeurs comme n’importe quelle autre littérature. Ainsi, les éditions du Seuil publient Kourouma, Tierno Monénembo, Kossi Efoui, Alain Mabanckou au même titre que Günter Grass, John Irving ou Shashi Tharoor. Anne Carrière, connue pour être une maison éminemment commerciale, a publié le Camerounais Gaston-Paul Effa, la Nigériane Chimamanda Adichie et Le Ventre de l’Atlantique de la Sénégalaise Fatou Diome, qui connut en 2005, avec 250 000 exemplaires vendus, un succès exceptionnel.
Mais c’est sans doute Le Serpent à plumes, fondé en 1993 par Pierre Astier, qui va le plus loin dans cette logique de déghettoïsation de la littérature noire en publiant des jeunes auteurs inconnus du grand public (Abdourahman Waberi, Jean-Luc Raharimanana, Bessora, Florent Couao-Zotti…). Ceux-ci se sont depuis affirmés comme des auteurs majeurs de la nouvelle génération d’écrivains africains.
Déghettoïsation
Grâce à son travail en profondeur avec les auteurs sur leurs textes, grâce aussi à la présentation soignée et élégante de ses titres, Le Serpent a contribué à la perception des œuvres africaines comme des objets littéraires plutôt que comme des manifestes au service de combats idéologiques d’arrière- et d’avant-garde sans lendemain.
On assiste aussi depuis quinze ans à une multiplication des collections de littératures africaines qui témoigne de l’intérêt grandissant pour ce domaine. La collection « Afriques » que dirige Bernard Magnier aux éditions Actes Sud est peut-être l’une des plus riches par la qualité des auteurs qu’elle a fait découvrir : le Malien Amadou Hampâté Bâ, le Soudanais Jamal Mahjoub, l’Ivoirienne Véronique Tadjo, le Tchadien Nimrod, le Nigérian Ken Saro-Wiwa, le Zimbabwéen Chenjerai Hove. À l’initiative de sa directrice, Christiane Falgayrettes-Leveau, le célèbre musée Dapper s’est lancé, lui aussi, dans la publication littéraire, spécialement dans la jeune littérature d’Afrique noire. Dapper a publié notamment le Togolais Kangni Alem.
Originale aussi est la démarche de Vents d’ailleurs, dont la politique éditoriale se construit « sur la méfiance de l’approche évidente de la racialité et des imaginaires familiers, […] sur la conviction que la réécriture de l’histoire des peuples du monde est une nécessité absolue ». Vents d’ailleurs a notamment publié Marie-Cécile Agnant et Sayouba Traoré.
Enfin, parmi les collections apparues ces dernières années, l’une des plus controversée est « Continents noirs » des éditions Gallimard, dirigée par Jean-Noël Schifano. Lancée en 2000, avec pour objectif de réunir dans une collection unique les nouveaux talents d’Afrique, elle a été accusée de vouloir racialiser la littérature en faisant référence à la couleur de peau de l’écrivain. « Je considère insupportable l’idée d’une collection intitulée “Continents noirs”, d’abord parce qu’il y a aussi en Afrique des écrivains blancs ou asiatiques », dira Pierre Astier. Tout aussi « choquant », l’argumentaire de la collection, sous la plume de son directeur, faisait état de la vitalité des écritures africaines qui « mêlent avec génie la langue de Sévigné avec des couilles de nègres » !
Mais sept ans et une quarantaine de titres plus tard, ces balbutiements maladroits semblent oubliés. D’autant que la collection a su faire émerger des écritures originales : les récits poignants de la Mauricienne Nathacha Appanah mêlant le passé tragique de la communauté indienne de Maurice avec les affres et les angoisses de la réalité postcoloniale, l’écriture métisse de la Franco-Sénégalaise Sylvie Kandé ou les fictions déconstruites de l’Ivoirien Koffi Kwahulé.
Malgré sa maturité évidente, la littérature francophone subsaharienne souffre d’un mal profond : son manque de popularité. Un phénomène que l’écrivain et critique littéraire franco-congolais Boniface Mongo-Mboussa explique avec sa lucidité coutumière : « Ce qui se passe pour nous, c’est que la littérature africaine naît effectivement en Occident, mais […] l’Occident n’est pas demandeur de cette littérature. » Quant aux Africains, s’ils ne peuvent que se reconnaître dans cette littérature qui puise l’essentiel de son inspiration dans les heurs et malheurs de leur continent, ils n’ont guère les moyens d’accéder aux livres imprimés et édités en France et vendus à des prix prohibitifs sur le marché africain. Certes, la coédition prônée par les structures associatives telles qu’Afrilivres ou l’Alliance des éditeurs indépendants peut aider à mieux diffuser les écrivains africains en Afrique. Mais, pour l’instant, ces expériences demeurent marginales. En attendant de trouver le positionnement idéal entre son « public de raison » (africain) et son « public de cœur » (européen), dont parlait le critique sénégalais Mohamadou Kane, la littérature « africaine » est sans doute condamnée à la périphérie.
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Posté le 12.05.2008 par awassapaul
9 mars 2008
Qui publie qui ?
Tirthankar Chanda
Avec l’abandon de sa tradition militante, l’écriture s’est normalisée, permettant aux auteurs francophones d’intégrer les catalogues des éditeurs français.
On est loin de la situation des années 1950 et 1960 quand Présence africaine régnait en maître sur la production africaine. Née dans le sillage de la révolution de la négritude, la maison d’Alioune Diop a non seulement publié les grands pionniers, les Césaire, Senghor, Mongo Beti, Tchicaya U Tamsi ; elle a aussi participé à la définition du champ littéraire africain en réunissant en congrès écrivains et artistes noirs appelés à débattre de la question de l’engagement des hommes de culture, du futur de leur cité. Toutefois, même pendant la période faste de Présence africaine, un certain nombre d’auteurs subsahariens, et pas les moindres (de Camara Laye à Emmanuel Dongala, en passant par Cheikh Hamidou Kane, Ferdinand Oyono ou encore Aké Loba), se faisaient publier chez les éditeurs français du « mainstream » : Plon, Julliard, Stock, Seuil, Laffont… En réalité, il n’y a jamais eu de monopole de Présence africaine. Il faudrait plutôt parler de prestige et d’influence. Une influence qui se manifeste dans l’idée que l’on se faisait de l’écrivain africain, comme la figure de proue de la résistance contre la colonisation et l’assimilation culturelle. L’écrivain était un éveilleur d’âmes enraciné dans une Afrique éternelle.
La fin d'un mythe
La véritable rupture avec cet esprit « Présence africaine » se fait à partir des années 1970 avec l’émergence des écrivains comme le Malien Yambo Ouologuem ou l’Ivoirien Ahmadou Kourouma qui déconstruisent le mythe d’une Afrique renaissant de ses cendres. Sur le plan éditorial, la rupture se traduit par un début de normalisation de l’écriture africaine qui est de plus en plus intégrée dans les catalogues des éditeurs comme n’importe quelle autre littérature. Ainsi, les éditions du Seuil publient Kourouma, Tierno Monénembo, Kossi Efoui, Alain Mabanckou au même titre que Günter Grass, John Irving ou Shashi Tharoor. Anne Carrière, connue pour être une maison éminemment commerciale, a publié le Camerounais Gaston-Paul Effa, la Nigériane Chimamanda Adichie et Le Ventre de l’Atlantique de la Sénégalaise Fatou Diome, qui connut en 2005, avec 250 000 exemplaires vendus, un succès exceptionnel.
Mais c’est sans doute Le Serpent à plumes, fondé en 1993 par Pierre Astier, qui va le plus loin dans cette logique de déghettoïsation de la littérature noire en publiant des jeunes auteurs inconnus du grand public (Abdourahman Waberi, Jean-Luc Raharimanana, Bessora, Florent Couao-Zotti…). Ceux-ci se sont depuis affirmés comme des auteurs majeurs de la nouvelle génération d’écrivains africains.
Déghettoïsation
Grâce à son travail en profondeur avec les auteurs sur leurs textes, grâce aussi à la présentation soignée et élégante de ses titres, Le Serpent a contribué à la perception des œuvres africaines comme des objets littéraires plutôt que comme des manifestes au service de combats idéologiques d’arrière- et d’avant-garde sans lendemain.
On assiste aussi depuis quinze ans à une multiplication des collections de littératures africaines qui témoigne de l’intérêt grandissant pour ce domaine. La collection « Afriques » que dirige Bernard Magnier aux éditions Actes Sud est peut-être l’une des plus riches par la qualité des auteurs qu’elle a fait découvrir : le Malien Amadou Hampâté Bâ, le Soudanais Jamal Mahjoub, l’Ivoirienne Véronique Tadjo, le Tchadien Nimrod, le Nigérian Ken Saro-Wiwa, le Zimbabwéen Chenjerai Hove. À l’initiative de sa directrice, Christiane Falgayrettes-Leveau, le célèbre musée Dapper s’est lancé, lui aussi, dans la publication littéraire, spécialement dans la jeune littérature d’Afrique noire. Dapper a publié notamment le Togolais Kangni Alem.
Originale aussi est la démarche de Vents d’ailleurs, dont la politique éditoriale se construit « sur la méfiance de l’approche évidente de la racialité et des imaginaires familiers, […] sur la conviction que la réécriture de l’histoire des peuples du monde est une nécessité absolue ». Vents d’ailleurs a notamment publié Marie-Cécile Agnant et Sayouba Traoré.
Enfin, parmi les collections apparues ces dernières années, l’une des plus controversée est « Continents noirs » des éditions Gallimard, dirigée par Jean-Noël Schifano. Lancée en 2000, avec pour objectif de réunir dans une collection unique les nouveaux talents d’Afrique, elle a été accusée de vouloir racialiser la littérature en faisant référence à la couleur de peau de l’écrivain. « Je considère insupportable l’idée d’une collection intitulée “Continents noirs”, d’abord parce qu’il y a aussi en Afrique des écrivains blancs ou asiatiques », dira Pierre Astier. Tout aussi « choquant », l’argumentaire de la collection, sous la plume de son directeur, faisait état de la vitalité des écritures africaines qui « mêlent avec génie la langue de Sévigné avec des couilles de nègres » !
Mais sept ans et une quarantaine de titres plus tard, ces balbutiements maladroits semblent oubliés. D’autant que la collection a su faire émerger des écritures originales : les récits poignants de la Mauricienne Nathacha Appanah mêlant le passé tragique de la communauté indienne de Maurice avec les affres et les angoisses de la réalité postcoloniale, l’écriture métisse de la Franco-Sénégalaise Sylvie Kandé ou les fictions déconstruites de l’Ivoirien Koffi Kwahulé.
Malgré sa maturité évidente, la littérature francophone subsaharienne souffre d’un mal profond : son manque de popularité. Un phénomène que l’écrivain et critique littéraire franco-congolais Boniface Mongo-Mboussa explique avec sa lucidité coutumière : « Ce qui se passe pour nous, c’est que la littérature africaine naît effectivement en Occident, mais […] l’Occident n’est pas demandeur de cette littérature. » Quant aux Africains, s’ils ne peuvent que se reconnaître dans cette littérature qui puise l’essentiel de son inspiration dans les heurs et malheurs de leur continent, ils n’ont guère les moyens d’accéder aux livres imprimés et édités en France et vendus à des prix prohibitifs sur le marché africain. Certes, la coédition prônée par les structures associatives telles qu’Afrilivres ou l’Alliance des éditeurs indépendants peut aider à mieux diffuser les écrivains africains en Afrique. Mais, pour l’instant, ces expériences demeurent marginales. En attendant de trouver le positionnement idéal entre son « public de raison » (africain) et son « public de cœur » (européen), dont parlait le critique sénégalais Mohamadou Kane, la littérature « africaine » est sans doute condamnée à la périphérie.
Posté le 12.05.2008 par awassapaul
« De mourir, ça ne me fait rien. Mais ça me fait de la peine de quitter la vie »
Marcel Pagnol
Posté le 12.05.2008 par awassapaul
DERNIER PLEUR
(Paul AWASSA-le bloger- dedie ce poèmes à Lorgne, celle qu'il aime tant, celle qui semble l'ignorer)
Mes souvenirs s'en vont mourir
Dans chacuns de ces endroits
Où j'ai vu grandir mes espoirs autrefois
Je panse mes blessures
Dans ces pièces où raisonnent
Les promesses qu'aujourd'hui tu murmures
A cette personne contre qui tu t'enlaces
Pendant que je m'efface
{Refrain:}
Par ce dernier pleur
Je laisse s'envoler au loin ma rancœur
Tu as préféré faire ta vie ailleur
Je t'oublierai après ce dernier pleur
Tu as emporté nos projets
Et fais de ma vie un lieu
De solitude et de regrets
Où si souvent il pleut
Affaibli par l'insomnie
Qui envahi mes nuits
J'essai en vain
De savoir pourquoi au matin
Tout à pris fin
Et ceci malgré tout
Ce que j'ai fait pour nous
{Refrain}
Il me faut accepter ton départ
Et ne plus penser aux images du passé
Je te délivre un dernier regard
Avant de trouver la force de me relever
{Refrain}
Nous n'y reviendrons jamais
{Refrain}
Posté le 12.05.2008 par awassapaul
La solitude m'enlève
Comme dans un mauvais rêve
Je me résous
Lorsque je vois ses lèvres
Je sens monter la fièvre
Je l'avoue
Le renier serait un sacrilège
Mourir pour elle serait un privilège
Mais je suis seul, je suis triste et surtout
Je crois devenir fou,oui je suis à genoux
{Refrain:}
Si je verse une larme
Au souvenir de cette femme
Si j'évoque ses charmes
Si je parles de ma flamme
C'est parce que sa beauté
Me perce comme une lame
Si je parle de cette femme, cette femme
Si je porte le blâme
Et que je reste sans arme
Si ma vie est un drame
Et que j'ai le vague à l'âme
C'est que vivre sans elle
N'a pas vraiment de charme
Si je parle de cette femme, cette femme
Elle est venue ici
Et mon cœur fut pris assurément
Elle a boulversé ma vie
Mais elle me l'a repris en me quittant
Bien des fois elle a fait mon malheur
Très souvent elle a brisé mon cœur
Des sept merveilles du monde elle fait partie
Elle qui a pris ma vie
Oui je sais aujourd'hui
{Refrain}
Et pour elle je ferais tout
Que soit permis entre nous
Un amour de mille flammes
Je donnerais mon âme en gage
Pour cette femme
{Refrain}
Oh, je donnerai mon âme en gage
Pour cette femme
Posté le 28.04.2008 par awassapaul
Charles Baudelaire (1821-1867)
L'enfant
Né à Paris, en 1821, Charles Baudelaire perd son père à l'âge de 6 ans. Sa mère se remarie avec avec le commandant Aupick quelques années plus tard. Il déteste ce beau-père, général de division, ambassadeur et sénateur du second empire qui le prive de l'affection maternelle. Rebelle à toute autorité, il se sera placé au lycée de Lyon, puis au lycée Louis-Le-Grand.
L'étudiant
Lauréat du Concours Général (2ème prix de vers latins) et bachelier (1839), il s'abandonne à la vie du Quartier latin, où il se fait remarquer par son dandysme. Ses fréquentations douteuses effraient sa famille et on l'embarque pour un voyage aux Indes (1841) qui ne l'intéresse pas et qui restera d'ailleurs inachevé.
Le Dandy
A son retour, Baudelaire, majeur et en possession d'une belle fortune provenant de l'héritage paternel, se loge 10, quai de Béthune, puis à l'hôtel Pimodan (17, quai d'Anjou). Il fréquente alors Jeanne Duval, une Antillaise qui le rend syphilitique, fait la connaissance de Théophile Gautier et dépense sa fortune sans compter. Sa famille n'acceptant pas ce choix de vie le pourvoit en conseil judiciaire en 1844 qui lui mesure ses ressources jusqu'à sa mort. Sa vie sera désormais empoisonnée par des difficultés financières et le conduira à attenter à sa vie en 1845.
Les tourments
Des périodiques publient ces premiers vers, ces essais et ces critiques. Il traduit également les oeuvres d'Edgar Poe. C'est à cette époque qu'il cristallise autour de Mme Sabatier, la "Présidente", ses amours pétrarquistes, tandis qu'il connaît avec Jeanne Duval les orages d'une passion charnelle et une relation avec Marie Daubrun, la "Femme aux Yeux Verts". Il publie, en juillet 1857, son oeuvre majeure très controversée Les Fleurs du Mal. Poursuivi en justice pour immoralité, il est condamné, le 20 août 1857, à 300 francs d'amende et à la suppression de six pièces. Le procès a été révisé par la chambre criminelle de la Cour de Cassation de Paris et Les Fleurs du Mal sont réhabilitées le 30 mai 1949. Accablé de dettes, il part donner des conférences en Belgique en 1864, où il séjournera quelques temps. En 1866, il est atteint d'une paralysie générale et est ramené à Paris, où il meurt. Il est enterré au cimetière Montparnasse.
Bibliographie
Poèmes
1857 : Les Fleurs du Mal.
1860 : Les paradis artificiels.
1863 : Petits poèmes en prose.
1864 : Le Spleen de Paris.
Contes
La Fanfarlo.
Pensées
1864 : Mon coeur mis à nu.
1867 : Fusées.
Critiques
1851 : Du vin et du haschisch, comparés comme moyens de multiplication de l'individualité.
1861 : R. Wagner et Tannhaüser.
1869 : Curiosités esthétiques.
1869 : L'Essence du rire dans les arts plastiques.
1869 : Delacroix.
1869 : L'Art romantique.
Traductions d'Edgar Poe
1856 : Histoires extraordinaires.
1857 : Nouvelles histoires extraordinaires.
1858 : Aventures d'A. Gordon Pym.
1863 : Eurêka.
1865 : Les histoires grotesques et sérieuses.
Quelques poèmes...
On peut classer les différents poèmes des Fleurs du Mal par thèmes :
Philosophie de la vie
Au lecteur, Bénédiction, L'albatros, Les phares, La Beauté, Les aveugles, Un voyage à Cythère.
Rêves et voyages
La vie antérieure, L'invitation au voyage, Paysage, Le Voyage.
Les femmes aimées
Jeanne Duval : Parfum exotique, La Chevelure, Les Bijoux, Le serpent qui danse, Remords posthume.
Madame Sabatier : Que diras tu ce soir...
Marie Daubrun : Chant d'automne, Moesta et errabunda.
Paris
Le Crépuscule du matin, Le Cygne.
Mal et horreur
Une charogne, Le Vin de l'assassin, Une martyre, Femmes damnées.
Fureur
Le reniement de saint Pierre.
Mélancolie
Spleen, Le Cygne, L'horloge.
Le temps et la mort
La Mort des amants.
Sur la voie du symbolisme
Correspondances, Harmonie du soir.
Les citations de Charles Baudelaire
«Parce que le beau est toujours étonnant, il serait absurde de supposer que ce qui est étonnant est toujours beau.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait du Salon de 1859
«Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait du Salon de 1846
«L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon qu'il voit et qu'il sent. Il doit être réellement fidèle à sa propre nature.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait du Salon de 1859
«La civilisation s'est peut-être réfugiée chez quelque petite tribu non encore découverte.»
[ Charles Baudelaire ]
«Toute littérature dérive du péché.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait d'une Lettre à Poulet-Malassis - Août 1860
«Peu d'hommes ont le droit de régner, car peu d'hommes ont une grande passion.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait du Salon de 1846
«Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.»
[ Charles Baudelaire ]
«Ne mépriser la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait des Fusées
«Dieu est un scandale. Un scandale qui rapporte.»
[ Charles Baudelaire ]
«Le femme est l’être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves.»
[ Charles Baudelaire ]
«La nature, en cuisine comme en amour, nous donne rarement le goût de ce qui nous est mauvais.»
[ Charles Baudelaire ]
«Les polissons sont “amoureux”, mais les poètes sont “idolâtres”.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait d'une Lettre à Mme Sabatier
«Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles - comme les familles.»
[ Charles Baudelaire ] - Fusées
«Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l'intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.»
[ Charles Baudelaire ]
«Le noir est l'uniforme de la démocratie.»
[ Charles Baudelaire ]
«La fidélité est un vice de pauvre.»
[ Charles Baudelaire ]
«J’ai toujours été étonné qu’on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles tenir avec Dieu ?»
[ Charles Baudelaire ]
«Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté.»
[ Charles Baudelaire ]
«Sois charmante et tais-toi !»
[ Charles Baudelaire ]
«Ce qu'il y a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire.»
[ Charles Baudelaire ]
«A chaque minute nous sommes écrasés par l'idée et la sensation du temps. Et il n'y a que deux moyens pour échapper à ce cauchemar : le plaisir et le travail. Le plaisir nous use. Le travail nous fortifie. Choisissons.»
[ Charles Baudelaire ] - Hygiène
«Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait des Projets de lettre à Jules Janin
«La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas.»
[ Charles Baudelaire ]
«Le poète est semblable au prince des nuées. Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.»
[ Charles Baudelaire ] - L’Albatros
«Seule l'histoire n'a pas de fin.»
[ Charles Baudelaire ]
«Image, ma seule, mon unique passion.»
[ Charles Baudelaire ]
«Toute révolution a pour corollaire le massacre des innocents.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait des Aphorismes
«La mythologie est un dictionnaire d'hiéroglyphes vivants.»
[ Charles Baudelaire ] - Théophile Gautier
«Les chinois voient l'heure dans l'oeil des chats.»
[ Charles Baudelaire ]
«L'étrangeté est le condiment nécessaire de toute beauté.»
[ Charles Baudelaire ]
«Etre un homme utile m’a toujours paru quelque chose de bien hideux.»
[ Charles Baudelaire ]
«Tout journal, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicité, tortures, crimes de prince, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle.»
[ Charles Baudelaire ]
«Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait des Fusées
«Plus on veut, mieux on veut.»
[ Charles Baudelaire ] - Extrait des Fusées
«Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis.»
[ Charles Baudelaire ]
«Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés !»
[ Charles Baudelaire ] - Spleen et Idéal
«Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance !»
[ Charles Baudelaire ] - Le Spleen de Paris
«L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.»
[ Charles Baudelaire ] - Le Spleen de Paris
«Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.»
[ Charles Baudelaire ] - Le Spleen de Paris
«Il est bon d'apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu'il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés.»
[ Charles Baudelaire ] - Le Spleen de Paris
Vers le Ciel, où son oeil voit un trône splendide,
Le Poète serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes. « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait du poème Le Guignon « Plus sur ce livre
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Il était tard ; ainsi qu'une médaille neuve
La pleine lune s'étalait,
Et la solennité de la nuit, comme un fleuve
Sur Paris dormant ruisselait. « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or. « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi. « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Garde tes songes ;
Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous ! « Envoyer à un ami
« Dans mon citabook
« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Le son de la trompette est si délicieux,
Dans ces soirs solennels de célestes vendanges,
Qu'il s'infiltre comme une extase dans tous ceux
Dont elle chante les louanges. « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
L'orage rajeunit les fleurs. « Envoyer à un ami
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[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Cette beauté, sombre comme le fer,
Est de celles que forge et polit l'Enfer. « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
L'Enfant déshérité s'enivre de soleil,
Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil. « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Que c'est un dur métier que d'être belle femme. « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine ! « Envoyer à un ami
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[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
La Terre est un gâteau plein de douceur. « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! « Envoyer à un ami
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[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer. « Envoyer à un ami
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[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal « Plus sur ce livre
O douleur ! O douleur ! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie ! « Envoyer à un ami
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« Sur un cadeau ?
[Charles Baudelaire] « Plus sur l'auteur
Extrait de Les Fleurs du mal
Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
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Posté le 28.04.2008 par awassapaul
Biographie
Milan Kundera est né en 1929 à Brno, en Moravie (Tchéquie), où il a vécu jusqu'à ses années de lycée. Il a grandi dans un milieu où l'art et la culture sont prépondérants. Son père Ludvík Kundera (1891-1971), célèbre musicologue et pianiste tchèque, directeur de l'académie musicale de Brno lui apprend très tôt le piano. Il met à profit cet apprentissage lorsque, exclu du parti communiste, il doit vivre de petits boulots, notamment comme pianiste de jazz. La musique influence son œuvre et sa vie, mais pas seulement: son cousin Ludvik Kundera par exemple est un poète célèbre.
À partir de 1948, Kundera entame des études de littérature et d'esthétique à la Faculté des Arts, mais il change de direction après deux trimestres et s'inscrit à l'école supérieure de cinéma de Prague (la célèbre FAMU). Il termine ses études en 1952, non sans avoir dû les interrompre quelque temps suite à des « agissements contre le pouvoir » qui l'exclurent du parti communiste. Ce n'est qu'en 1956 qu'il est réintégré, mais il en sera définitivement exclu en 1970.
Période tchèque
Son premier livre, L'Homme, ce vaste jardin (1953) est un recueil de poèmes lyriques dans lequel Kundera essaie d'adopter une attitude critique face à la littérature dite de « réalisme socialiste », mais ne le fait qu'en se positionnant du point de vue marxiste.
Quelques années plus tard, il publie Le dernier mai (1955), une pièce politique consistant en un hommage à Julius Fučík, un héros de la résistance communiste contre l'occupation nazie en Tchécoslovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Suit en 1957, Monologues, une collection de poèmes dans lequel Kundera rejette la propagande politique et accentue l'importance de l'authentique expérience humaine. C'est un livre de poésies d'amour, d'inspiration rationnelle et intellectuelle.
Fin des années 1950 et début 60, dans la Tchécoslovaquie communiste, Kundera est très connu et apprécié. Il donne un souffle libérateur à la littérature officielle tchèque sous le « réalisme socialiste ». Mais dans la seconde moitié des années 1960, un besoin de liberté se fait sentir parmi les écrivains et intellectuels tchèques.
Au 4e Congrès des écrivains tchèques (juin 1967) les écrivains sont, pour la première fois, en désaccord total avec la ligne de conduite des dirigeants du parti. Kundera devient la figure de proue de ce mouvement pour la liberté. Le discours qu'il tient à ce congrès fait époque dans l'histoire de l'indépendance de la pensée autocritique tchèque.
Déçu par le communisme, il développe dans La plaisanterie (1967) un thème majeur de ses écrits : il est impossible de comprendre et contrôler la réalité. C'est dans l'atmosphère de liberté du Printemps de Prague qu'il écrit Risibles amours (1968). Deux œuvres vues comme des messagers de l'anti-totalitarisme.
Risibles amours est composé de plusieurs petits textes qui parlent des relations intimes humaines et à travers cela du dysfonctionnement de la parole, thème qui apparaît dans toutes les œuvres matures de Kundera. Il analyse les thèmes de l'identité, de l'authenticité et du phénomène de l'illusion (comment les faits changent de manière insaisissable en leur contraire). La plupart des histoires se déroulent dans la société tchèque du stalinisme tardif et témoignent de la réalité de cette époque.
L'invasion soviétique en 1968 met fin à cette période de liberté d'expression des médias et plonge le pays dans le néo-stalinisme pur et dur. Cette atmosphère resta inchangée jusqu'à la chute du communisme en Tchécoslovaquie en 1989. Dans ce climat froid, son militantisme en faveur de l'indépendance et de la liberté de la culture lui coûta son poste d'enseignant à l'Institut Cinématographique de Prague; ses livres sont retirés des librairies et il lui est interdit de publier.
La vie est ailleurs est une forme de catharsis pour Kundera, il se confronte à son passé de communiste, sa place en tant qu'artiste.... et il s'en libère.
L'ambiance de La valse aux adieux, supposé être son dernier roman (le titre original était Épilogue), est influencée par le régime aride qui régnait en Tchécoslovaquie après l'invasion de l'URSS. Pas question de politique dans ce livre. La situation étouffante qui règne en dehors du monde de la fiction n'apparaît dans le récit que de manière occasionnelle.
Période française
En 1975, il quitte, avec sa femme Véra, la Tchécoslovaquie pour la France où il enseigne d'abord à l'université de Rennes 2 et par la suite à l'Ecole des Hautes Etudes des Sciences Sociales à Paris. La nationalité tchécoslovaque lui a été retiré en 1979 et il s'est donc fait naturaliser français. Boris Livitnof nous éclaire, dans son article Milan Kundera : la dérision et la pitié, sur la manière d'agir du gouvernement tchèque :
« Non point que Kundera fût un ennemi du régime socialiste, mais sa manière de penser et d'écrire y est jugée hautement subversive. On a donc laissé partir l'auteur pour enseigner dans une université française (…) »
Ou encore :
« Ce n'est pas l'écrivain qui tourne le dos à son pays. Mais c'est son pays qui met l'écrivain hors-la-loi, l'oblige à la clandestinité et le pousse au martyre »
Aussi absurde que cela puisse paraître, le fait qu'il soit interdit de publication dans son pays lui procure un sentiment de liberté. Pour la première fois de sa vie il peut écrire librement, la censure n'existant plus. Sachant que dès lors il n'écrit que pour des traducteurs (son œuvre ne pouvant plus être publiée dans son pays d'origine), son langage se trouve radicalement simplifié.
La langue française maîtrisée, Kundera se lance dans la correction des traductions de ses livres, tâche qui lui prend beaucoup de temps. Dans La plaisanterie, note de l'auteur, il explique l'importance et la raison qui le poussent à réagir de cette manière :
« Un jour, en 1979, Alain Finkielkraut m'a longuement interviewé pour le Corriere della sera : "Votre style, fleuri et baroque dans La plaisanterie, est devenu dépouillé et limpide dans vos livres suivants. Pourquoi ce changement ?"
Quoi ? Mon style fleuri et baroque ? Ainsi ai-je lu pour la première fois la version française de La plaisanterie. (Jusqu'alors je n'avais pas l'habitude de lire et de contrôler mes traductions ; aujourd'hui, hélas, je consacre à cette activité sisyphesque presque plus de temps qu'à l'écriture elle-même.)
Je fus stupéfait. Surtout à partir du deuxième quart, le traducteur (ah non, ce n'était pas François Kérel, qui, lui, s'est occupé de mes livres suivants !) n'a pas traduit le roman ; il l'a réécrit :
Il y a introduit une centaine (oui !) de métaphores embellisantes (chez moi : le ciel était bleu ; chez lui :sous un ciel de pervenche octobre hissait son pavois fastueux ; chez moi : les arbres étaient colorés ; chez lui : aux arbres foisonnait une polyphonie de tons ; chez moi : elle commença à battre l'air furieusement autour d'elle ; chez lui : ses poings se déchaînèrent en moulin à vent frénétique (…).
Oui, aujourd'hui encore, j'en suis malheureux. Penser que pendant douze ans, dans nombreuses réimpressions, La plaisanterie, s'exhibait en France dans cet affublement !… Deux mois durant, avec Claude Courtot, j'ai retravaillé la traduction. La nouvelle version (entièrement révisée par Claude Courtot et l'auteur) a paru en 1980.
Quatre ans plus tard, j'ai relu cette version révisée. J'ai trouvé parfait tout ce que nous avions changé et corrigé. Mais, hélas, j'ai découvert combien d'affectations, de tournures tarabiscotées, d'inexactitudes, d'obscurités et d'outrances m'avaient échappé !
En effet, à l'époque, ma connaissance du français n'était pas assez subtile et Claude Courtot (qui ne connaît pas le tchèque) n'avait pu redresser le texte qu'aux endroits que je lui avais indiqués. Je viens donc de passer à nouveau quelques mois sur La plaisanterie.»
Durant ses premières années en France Milan Kundera soutenait qu'il avait dit tout ce qu'il avait à dire et qu'il n'écrirait plus de romans.
Il se passe six ans avant que Le livre du rire et de l'oubli (achevé en 1978 et publié en 1979) ne voie le jour. Ce qui différencie ce livre de ceux écrits précédemment c'est l'angle de vue. Dans ce livre, Kundera réexamine son passé communiste et le dénonce à travers des thèmes comme l'oubli (à l'Est les gens sont poussés à oublier par les autorités tandis qu'à l'Ouest ils oublient de leur propre initiative) ou l'idéal de créer une société communiste mais cette fois d'un point de vue externe, « de l'Ouest ».
C'est en 1978 qu'il s'installe à Paris. Il termine L'insoutenable légèreté de l'être en 1982 (publiée en 1984), lequel est son roman le plus connu. Avec ce livre Kundera devient un auteur reconnu mondialement, surtout après la sortie du film, réalisé par Philip Kaufman en 1988.
Dans L'Insoutenable Légèreté de l'être, l'auteur étudie le mythe nietzschéen de l'éternel retour. Il se concentre sur le fait que l'Homme ne vit qu'une fois, sa vie ne se répète pas et donc il ne peut corriger ses erreurs. Et puisque la vie est unique, l'homme préfère la vivre dans la légèreté, dans un manque absolu de responsabilités. Il introduit aussi sa définition du kitsch, c’est-à-dire ce qui nie les côtés laids de la vie et n'accepte pas la mort : « Le kitsch est la négation de la merde » (il s'agit en somme de toute idéologie : kitsch catholique, protestant, juif, communiste, fasciste, démocratique, féministe, européen, américain, national, international, etc.).
L'immortalité est publiée en 1990. Ce roman se présente comme une méditation sur le statut de l'écrit dans le monde moderne où domine l'image. Il dénonce la tendance contemporaine à rendre toute chose superficielle, facilement digérable. Kundera réagit face à cette attitude en construisant délibérément ses récits de manière qu'ils ne puissent être résumés facilement.
En 1993, Milan Kundera termine son premier roman écrit en français, La lenteur (publié en 1995). Il continue, ici, ce qu'il avait commencé avec L'immortalité, une critique de la civilisation de l'ouest de l'Europe. Kundera compare la notion de lenteur, associée à la sensualité dans le passé mais aussi un acte qui favorise la mémoire, à l'obsession de vitesse du monde contemporain.
L'identité (achevé en 1995, publié en 1998) est le deuxième roman que Kundera écrit directement en français. Tout comme La lenteur, L'identité est une œuvre de maturité. Ce roman est un roman d'amour. Il rend hommage à l'amour authentique, à sa valeur face au monde contemporain. Le seul qui puisse nous protéger d'un monde hostile et primitif.
L'ignorance (publié d'abord en espagnol en 2000,en français en 2003) : à partir du deuxième livre, on parlait déjà d'un « cycle français » dans l'œuvre de Kundera, d'un « second cycle ». Cette fois c'est confirmé. La même forme se trouve dans les trois romans : moins de pages, un nombre réduit de personnages, néanmoins on retrouve l'écriture dense et profonde du « cycle » précédent. Ce roman parle du retour impossible (dans son pays d'origine). On retrouve une continuité dans les thèmes utilisés auparavant et ceux employés dans ce livre. L'auteur examine inlassablement l'expérience humaine et ses paradoxes. Le malentendu amoureux en est le canon.
Milan Kundera a écrit aussi dans la revue littéraire L'Atelier du Roman, dirigé par Lakis Proguidis et publié actuellement par Flammarion et Boréal.
Kundera est quelqu'un de très privé. Il garde les détails de sa vie privée comme un secret « qui ne regarde que lui ». Depuis 1985 il n'accorde plus d'entretiens, mais accepte de répondre par écrit. Toute information à propos de sa vie privée est scrupuleusement contrôlée par lui. Sa biographie officielle dans les éditions françaises se résume à deux phrases :
« Milan Kundera est né en Tchécoslovaquie. En 1975 il s'installe en France »
Idées
L'histoire du roman européen (roman né en Europe avec Rabelais et Cervantès) est l'histoire de l'exploration de l'existence humaine. Au moment où la science s'autonomise pour analyser les choses de l'extérieur, sans les habiter (l'« oubli de l'être », selon la formule de Heidegger), arrive le roman pour explorer le « monde de la vie » (Lebenswelt) comme on cartographie une région. L'histoire du roman est une succession de tentatives de saisir le moi, l'identité humaine (par les actes, la psychologie, les possibilités...).
Ainsi, Rabelais et Cervantès étudient l'homme à partir de ses actions et de l'aventure ; Richardson initie le roman psychologique ; Balzac étudie l'homme dans l'histoire et la société ; Tolstoï montre l'irrationalité de l'âme humaine ; Flaubert se concentre sur la quotidienneté et l'ennui ; Proust sur l'insaisissable instant passé ; Joyce sur l'insaisissable instant présent ; Kafka, quant à lui, montre ce que sont devenues les possibilités de vie dans le monde contemporain.
Milan Kundera a également été beaucoup influencé par ce que lui même appelle le « grand roman d'Europe Centrale »: dans ses essais, il aime ainsi à commenter les œuvres de Hermann Broch (Les Somnambules) et de Robert Musil (L'Homme sans qualités)
A la fin de cette évolution se trouvent les paradoxes terminaux du XXe siècle, dus aux bouleversements multiples qui secouent celui-ci.
Le progrès à l'œuvre dans l'histoire du roman européen n'est donc pas une amélioration d'une analyse précédente mais plutôt la découverte de nouvelles possibilités existentielles.
Ainsi, la seule « morale » du roman serait la connaissance, le distinguant de la philosophie qui, abstraite (alors que le roman étudie toujours des situations concrètes), apporte un jugement. Le roman suspend ce jugement en montrant des faits susceptibles d'être interprétés et jugés diversement.
Bibliographie
Le titre est aussi indiqué en tchèque quand l'œuvre a été écrite dans cette langue.
Romans et nouvelles
1967 : La Plaisanterie (Žert)
1968 : Risibles amours (Směšné lásky) - Nouvelles
1973 : La vie est ailleurs (Život je jinde)
1976 : La Valse aux adieux (Valčík na rozloučenou)
1978 : Le Livre du rire et de l'oubli (Kniha smíchu a zapomnění)
1984 : L'Insoutenable Légèreté de l'être (Nesnesitelná lehkost bytí)
1990 : L'Immortalité (Nesmrtelnost)
1995 : La Lenteur
1997 : L'Identité
2003 : L'Ignorance
Théâtre
1981 : Jacques et son maître, hommage à Denis Diderot, créée à Paris en 1984 (Jakub a jeho pán : Pocta Denisu Diderotovi)
Il a aussi écrit en 1962 la pièce Les Propriétaires des clés (Majitelé klíčů), œuvre qu'il a par la suite reniée.
Essais
1986 : L'Art du roman
1993 : Les Testaments trahis
1993 : D'en bas tu humeras des roses, illustrations d'Ernest Breleur
2005 : Le Rideau
Les métaphores sont dangereuses. L'amour commence par une métaphore. « Envoyer à un ami
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La parodie n'est-elle pas le destin éternel de l'homme ? « Envoyer à un ami
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L'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable. « Envoyer à un ami
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Ceux qui gaspillent leur sensibilité à tort et à travers n'en ont plus quand il faut en avoir. « Envoyer à un ami
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Lorsqu'une femme ne vit pas suffisamment avec son corps, le corps finit par lui apparaître comme un ennemi. « Envoyer à un ami
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Celui qui ne se soucie pas du but, ne demande pas où il va ! « Envoyer à un ami
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Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité. « Envoyer à un ami
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Rien de plus inutile que de vouloir prouver quelque chose aux imbéciles. « Envoyer à un ami
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Ce qui distingue l'autodidacte de celui qui a fait des études, ce n'est pas l'ampleur des connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi. « Envoyer à un ami
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Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout. « Envoyer à un ami
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Les destinées humaines sont entre elles soudées d'un ciment de sagesse. « Envoyer à un ami
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Il y a des idées qui sont comme un attentat. « Envoyer à un ami
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La valeur d'un hasard est égale à son degré d'improbabilité. « Envoyer à un ami
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On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime. « Envoyer à un ami
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Et si l'Histoire plaisantait ? « Envoyer à un ami
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Publier ce que l'auteur a supprimé est donc le même acte de viol que censurer ce qu'il a décidé de garder. « Envoyer à un ami
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La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie. « Envoyer à un ami
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On désire toujours, par dessus tout, l'inaccessible, avec avidité. « Envoyer à un ami
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Etre courageux dans l'isolement, sans témoins, sans l'assentiment des autres, face à face avec soi-même, cela requiert une grande fierté et beaucoup de force. « Envoyer à un ami
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La religion et l'humour sont incompatibles. « Envoyer à un ami
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Beaucoup de gens, peu d'idées, et comment faire pour nous différencier les uns des autres ? « Envoyer à un ami
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Comme on est sans défense devant la flatterie ! « Envoyer à un ami
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Trahir, c'est sortir du rang et partir dans l'inconnu. « Envoyer à un ami
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Il est des regards à la tentation desquels personne ne résiste : par exemple le regard sur un accident de la circulation ou sur une lettre d'amour qui appartient à l'autre. « Envoyer à un ami
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La nostalgie du Paradis, c'est le désir de l'homme de ne pas être homme. « Envoyer à un ami
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La mémoire du dégoût est plus grande que la mémoire de la tendresse ! « Envoyer à un ami
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Ce ne sont pas les ennemis, mais les amis qui condamnent l'homme à la solitude. « Envoyer à un ami
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La sensualité, c'est la mobilisation maximale des sens : on observe l'autre intensément et on écoute ses moindres bruits. « Envoyer à un ami
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L'homme désire l'éternité mais il ne peut avoir que son ersatz : l'instant de l'extase. « Envoyer à un ami
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Le soutien-gorge a pour fonction de soutenir quelque chose de plus lourd que prévu, dont le poids a été mal calculé, et qu'il faut étayer après coup un peu comme on étaye avec des piliers et des contreforts le balcon d'une bâtisse mal construite. « Envoyer à un ami
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Le piège de la haine, c'est qu'elle nous enlace trop étroitement à l'adversaire. « Envoyer à un ami
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Le sentiment d'amour nous abuse tous par une illusion de connaissance. « Envoyer à un ami
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Nous n'apprenons jamais pourquoi et en quoi nous agaçons les autres, en quoi nous leur sommes sympathiques, en quoi nous leur paraissons ridicules ; notre propre image est pour nous le plus grand mystère. « Envoyer à un ami
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L'unité de l'humanité signifie : personne ne peut s'échapper nulle part. « Envoyer à un ami
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Le romancier n'est ni historien ni prophète : il est explorateur de l'existence. « Envoyer à un ami
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La seule raison d'être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire. « Envoyer à un ami
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Comme une grande musique qu'on peut réécouter sans fin, les grands romans eux aussi sont faits pour des lectures répétées. « Envoyer à un ami
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Si quelque chose m'a toujours profondément écoeuré chez l'homme, c'est bien de voir comment sa cruauté, sa bassesse et son esprit borné parviennent à revêtir le masque du lyrisme. « Envoyer à un ami
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Le roman est le fruit d'une illusion humaine. L'illusion de pouvoir comprendre autrui. « Envoyer à un ami
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Les croyants ont un sens aigu de la mise en scène des miracles. « Envoyer à un ami
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Avoir un enfant, c'est manifester un accord absolu avec l'homme. Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai goûté à la vie et j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée. « Envoyer à un ami
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Dans le jeu on n'est pas libre, pour le joueur le jeu est un piège. « Envoyer à un ami
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Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire. « Envoyer à un ami
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Concevoir le diable comme un partisan du Mal et l'ange comme un combattant du Bien, c'est accepter la démagogie des anges. « Envoyer à un ami
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C'est toujours ce qui se passe dans la vie : on s'imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l'on ne soupçonne pas qu'on vous a discrètement changé les décors, si bien que l'on doit, sans s'en douter, se produire dans un autre spectacle. « Envoyer à un ami
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Le plus grand plaisir, c'est d'être admiré. « Envoyer à un ami
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La beauté est l'abolition de la chronologie et la révolte contre le temps. « Envoyer à un ami
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La politique, c'est l'écume sale sur la surface de la rivière, alors qu'en fait la vie de la rivière s'accomplit à une bien plus grande profondeur. « Envoyer à un ami
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Le présent, ce point invisible, ce néant qui avance lentement vers la mort. « Envoyer à un ami
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Il n'est rien comme la jalousie pour absorber un être humain tout entier. « Envoyer à un ami
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Etre possédé par l'actualité, c'est être possédé par l'oubli. « Envoyer à un ami
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Extrait d'un Entretien avec Antoine de Gaudemar - Février 1984
Un événement n'est pas disqualifié par son caractère accidentel, au contraire c'est le hasard qui lui donne sa beauté, sa poésie. « Envoyer à un ami
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Le romancier apprend à ses lecteurs à comprendre le monde comme une question. « Envoyer à un ami
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Extrait d'un Entretien avec Antoine de Gaudemar - Février 1984
Le romancier doit montrer le monde tel qu'il est : une énigme et un paradoxe. « Envoyer à un ami
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Extrait d'un Entretien avec Antoine de Gaudemar - Février 1984
Le roman doit détruire les certitudes. « Envoyer à un ami
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Extrait d'un Entretien avec Antoine de Gaudemar - Février 1984
Le roman est ennemi de la vitesse, la lecture doit être lente et le lecteur doit rester sous le charme d'une page, d'un paragraphe, d'une phrase même. « Envoyer à un ami
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Extrait d'un Entretien avec Antoine de Gaudemar - Février 1984
Rien n'est plus humiliant que de ne pas trouver de réponse cinglante à une attaque cinglante. « Envoyer à un ami
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Extrait de La Lenteur « Plus sur ce livre
L'érotisme n'est pas seulement désir du corps, mais, dans une égale mesure, désir d'honneur. Un partenaire que nous avons eu, qui tient à nous et qui nous aime, devient notre miroir, il est la mesure de notre importance et de notre mérite. « Envoyer à un ami
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Extrait de Risibles amours « Plus sur ce livre
Qui se venge aujourd'hui se vengera aussi demain. « Envoyer à un ami
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Le sens de la vie c'est justement de s'amuser avec la vie. « Envoyer à un ami
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Extrait de Risibles amours « Plus sur ce livre
Un amour excessif est un amour coupable. « Envoyer à un ami
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Extrait de La valse aux adieux « Plus sur ce livre
Les femmes ne recherchent pas le bel homme. Les femmes recherchent l'homme qui a eu de belles femmes. « Envoyer à un ami
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Extrait de Le livre du rire et de l’oubli « Plus sur ce livre
Quand on tue de grands rêves il coule beaucoup de sang. « Envoyer à un ami
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Uriner dans la nature est un rite religieux par lequel nous promettons à la terre d'y retourner, un jour, tout entier. « Envoyer à un ami
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Extrait de Risibles amours « Plus sur ce livre
La source de la peur est dans l'avenir, et qui est libéré de l'avenir n'a rien à craindre. « Envoyer à un ami
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Séduire une femme, c'est à la portée du premier imbécile. Mais il faut aussi savoir rompre ; c'est à cela qu'on reconnaît un homme mûr. « Envoyer à un ami
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Le pouvoir du journaliste ne se fonde pas sur le droit de poser une question, mais sur celui d'exiger une réponse. « Envoyer à un ami
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Extrait de L'Immortalité « Plus sur ce livre
Pour qu'un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. « Envoyer à un ami
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Extrait de L'insoutenable légèreté de l'être « Plus sur ce livre
L'optimiste est l'opium du genre humain ! L'esprit saint pue la connerie. « Envoyer à un ami
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Extrait de La plaisanterie « Plus sur ce livre
La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout. La sagesse d'un roman consiste à avoir une question à tout. « Envoyer à un ami
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Extrait d'un Entretien avec Antoine de Gaudemar - Février 1984
Posté le 25.04.2008 par awassapaul
Le rôle de l’Académie française est double : veiller sur la langue française et accomplir des actes de mécénat.
La première mission lui a été conférée dès l’origine par ses statuts.
Pour s’en acquitter, l’Académie a travaillé dans le passé à fixer la langue, pour en faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent notre langue.
Aujourd’hui, elle agit pour en maintenir les qualités et en suivre les évolutions nécessaires. Elle en définit le bon usage.
Elle le fait en élaborant son dictionnaire qui fixe l’usage de la langue, mais aussi par ses recommandations et par sa participation aux différentes commissions de terminologie.
La seconde mission — le mécénat —, non prévue à l’origine, a été rendue possible par les dons et legs qui lui ont été faits.
L’Académie décerne chaque année environ soixante prix littéraires.
Mention particulière doit être faite du grand prix de la Francophonie, décerné chaque année depuis 1986, qui témoigne de l’intérêt constant de l’Académie pour le rayonnement de la langue française dans le monde.
L’Académie attribue aussi des subventions à des sociétés littéraires ou savantes, des œuvres de bienfaisance, des aides à des familles nombreuses, aux veuves, aux personnes défavorisées ou qui se sont distinguées par l’accomplissement d’actes de dévouement ainsi qu’un certain nombre de bourses. (Bourses Zellidja, Neveux, Corblin, Damade).
Posté le 25.04.2008 par awassapaul
Le français est une langue romane. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin, telles que l’usage les a transformées depuis l’époque de la Gaule romaine. Les Serments de Strasbourg, qui scellent en 842 l’alliance entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, rédigés en langue romane et en langue germanique, sont considérés comme le plus ancien document écrit en français.
Au Moyen Âge, la langue française est faite d’une multitude de dialectes qui varient considérablement d’une région à une autre. On distingue principalement les parlers d’oïl (au Nord) et les parlers d’oc (au Sud). Avec l’établissement et l’affermissement de la monarchie capétienne, c’est la langue d’oïl qui s’impose progressivement.
Mais on peut dire que la France est, comme tous les autres pays d’Europe à cette époque, un pays bilingue : d’une part, la grande masse de la population parle la langue vulgaire (ou vernaculaire), qui est aussi celle des chefs-d’œuvre de la littérature ancienne (la Chanson de Roland, le Roman de la rose...) ; d’autre part, le latin est la langue de l’Église, des clercs, des savants, de l’enseignement, et c’est aussi l’idiome commun qui permet la communication entre des peuples aux dialectes plus ou moins bien individualisés.
Malgré la progression continue du français, cette coexistence se prolonge jusqu’au XVIIe siècle, et même bien plus tard dans le monde de l’Université et dans celui de l’Église.
’extension de l’usage du français (et, qui plus est, d’un français qui puisse être compris par tous) est proportionnelle, pour une large part, aux progrès de l’administration et de la justice royales dans le pays. Inversement, l’essor de la langue française et la généralisation de son emploi sont des facteurs déterminants dans la construction de la nation française.
Deux articles de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en août 1539, donnèrent une assise juridique à ce processus :
Article 110 : Afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.
Article 111 : Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement.
Ainsi la vie publique du pays était-elle indissociablement liée à l’emploi scrupuleux (afin de ne laisser « aucune ambiguïté ou incertitude ») du « langage maternel français ». Ce texte fondateur doit être rapproché de la Deffence et Illustration de la langue françoyse (1549). Le manifeste du groupe qu’on appellera plus tard la « Pléiade » proclame, exactement dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts, l’excellence et la prééminence du français en matière de poésie. On le voit, l’attachement résolu à la langue française répond à une exigence à la fois politique, juridique et littéraire.
C’est la même exigence qui conduit à la création de l’Académie française en 1635. Selon les termes de Marc Fumaroli, Richelieu a fondé l’Académie pour « donner à l’unité du royaume forgée par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent ». Ainsi, l’article XXIV des statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».
Le dispositif imaginé par Richelieu était si parfait qu’il a franchi les siècles sans modification majeure : le pouvoir politique ne saurait sans abus intervenir directement sur la langue ; il laisse donc à une assemblée indépendante, dont le statut est analogue à celui des cours supérieures, le soin d’enregistrer, d’établir et de régler l’usage. En matière de langage, l’incitation, la régulation et l’exemple sont des armes bien plus efficaces que l’intervention autoritaire.
L’éclat et la puissance de la monarchie française, le raffinement de la culture, les perfectionnements apportés à la langue par l’Académie et les grammairiens, l’influence non négligeable des populations protestantes émigrées, font que le français déborde rapidement, aux XVIIe et XVIIIe siècles, le cadre de la nation. C’est la langue de l’aristocratie et des personnes cultivées dans tout le Nord de l’Europe, en Allemagne, en Pologne, en Russie... C’est aussi la langue de la diplomatie. Tous les grands traités sont rédigés en français, alors qu’ils l’étaient auparavant en latin. L’empire de la langue française dépasse largement (et c’est une constante) l’empire politique et économique de la France.
epuis la première édition du Dictionnaire de l’Académie, qui représentait déjà un effort normatif sans précédent, l’orthographe s’est considérablement transformée, tant du fait d’une évolution naturelle que par l’intervention raisonnée de l’Académie, des lexicographes et des grammairiens. La réflexion sur l’orthographe doit tenir compte de données multiples et souvent contradictoires, comme le poids de l’usage établi, les contraintes de l’étymologie et celles de la prononciation, les pratiques de l’institution scolaire, celles du monde des éditeurs et des imprimeurs, etc.
L’Académie s’est employée, tout au long de son histoire, à maintenir un équilibre entre ces différentes exigences, l’expérience prouvant que les projets abstraits des réformateurs ne sauraient à eux seuls faire plier l’usage. Ainsi adopta-t-elle en 1835, dans la sixième édition de son Dictionnaire, l’orthographe -ais pour les mots terminés jusqu’alors en -ois mais prononcés depuis longtemps è (le françois, j’étois, etc.), réforme réclamée au siècle précédent par Voltaire.
Au XIXe siècle, le développement de l’institution scolaire a sans doute contribué à figer quelque peu l’orthographe, tout en suscitant parallèlement de grands projets de réforme. Le système éducatif avait besoin de règles fermes qui pussent être enseignées aux élèves. Au terme de débats passionnés, deux arrêtés fixèrent, en 1900 et 1901, de simples tolérances orthographiques et syntaxiques pour les examens et concours de l’Instruction publique.
En 1990, le Conseil supérieur de la langue française fit paraître au Journal officiel un document intitulé Les rectifications de l’orthographe. Les principales modifications préconisées étaient :
— la soudure d’un certain nombre de noms composés (portemonnaie, pingpong...) ;
— l’harmonisation du pluriel des noms composés avec celui des noms simples (un perce-neige, des perce-neiges, un garde-malade, des garde-malades...) ;
— la possibilité de supprimer certains accents circonflexes sur le i et le u (voute, traitre, paraitre, huitre...) ;
— l’accent grave sur le e quand il est précédé d’une autre lettre et suivi d’une syllabe qui comporte un e muet (évènement, cèleri, sècheresse, règlementaire — comme règlement —, règlementation...)
— l’application des règles usuelles d’orthographe et d’accord aux mots d’origine étrangère (des imprésarios, un diésel, les médias...).
— la rectification de quelques anomalies graphiques (charriot, imbécilité, nénufar, relai...).
Malgré la modération et le bon sens de ces propositions, la presse s’empara du sujet et entretint une querelle passablement artificielle. L’Académie approuva à l’unanimité le document, mais resta fidèle à sa ligne de conduite traditionnelle en demandant que « lesdites recommandations ne soient pas mises en application par voie impérative et notamment par circulaire ministérielle ». Tout en souhaitant « que ces simplifications et unifications soient soumises à l’épreuve du temps », la Compagnie en a adopté un certain nombre dans son Dictionnaire, mentionnant les autres à la fin de l’ouvrage.
Jugeant que la concurrence de l’anglais, même dans la vie courante, représentait une réelle menace pour le français et que les importations anglo-américaines dans notre lexique devenaient trop massives, les autorités gouvernementales ont été amenées, depuis une trentaine d’années, à compléter le dispositif traditionnel de régulation de la langue.
À partir de 1972, des commissions ministérielles de terminologie et de néologie sont constituées. Elles s’emploient à indiquer, parfois même à créer, les termes français qu’il convient d’employer pour éviter tel ou tel mot étranger, ou encore pour désigner une nouvelle notion ou un nouvel objet encore innommés. Ces termes s’imposent alors à l’administration. On ne dit plus tie-break mais jeu décisif, baladeur remplace walkman, logiciel se substitue à software, etc.
En 1975, la loi dite « Bas-Lauriol » rend l’emploi du français obligatoire dans différents domaines, comme l’audiovisuel ou le commerce (publicité, modes d’emploi, factures, etc.), et dans le monde du travail.
Au cours des années 1990, un ensemble législatif plus cohérent et plus complet est mis en place. Un nouvel alinéa est ajouté, le 25 juin 1992, à l’article 2 de la Constitution : La langue de la République est le français.
e fondant sur ce principe, la loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon », élargit les dispositions de la loi de 1975. Le décret du 3 juillet 1996 institue une nouvelle commission générale de terminologie et de néologie ; il étoffe le dispositif d’enrichissement de la langue française, l’accord de l’Académie française devenant indispensable pour que les termes recommandés soient publiés, avec leurs définitions, au Journal officiel. La magistrature morale de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit, pour le plus grand bénéfice des instances et organismes impliqués dans la défense de la langue française.
n 1984, le Premier ministre crée une « commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes ». Le décret indique notamment que « la féminisation des noms de professions et de titres vise à combler certaines lacunes de l’usage de la langue française dans ce domaine et à apporter une légitimation des fonctions sociales et des professions exercées par les femmes ».
L’Académie française, qui n’avait pas été consultée, fait part de ses réserves dans une déclaration préparée par Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss. Elle dénonce en particulier le contresens linguistique sur lequel repose l’entreprise : il convient de rappeler que le masculin est en français le genre non marqué et peut de ce fait désigner indifféremment les hommes et les femmes ; en revanche, le féminin est appelé plus pertinemment le genre marqué, et « la marque est privative. Elle affecte le terme marqué d’une limitation dont l’autre seul est exempt. À la différence du genre non marqué, le genre marqué, appliqué aux êtres animés, institue entre les deux sexes une ségrégation. » Aussi la féminisation risque-t-elle d’aboutir à un résultat inverse de celui qu’on escomptait, et d’établir, dans la langue elle-même, une discrimination entre les hommes et les femmes. L’Académie conteste enfin le principe même d’une intervention gouvernementale sur l’usage, jugeant qu’une telle démarche risque « de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier ».
Une circulaire du Premier ministre recommanda, en 1986, de procéder à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres dans les textes officiels et dans l’administration. Elle ne fut guère appliquée. Puis, en 1997, certains ministres du gouvernement préconisèrent pour leur compte la forme féminisée « la ministre », ce qui provoqua une nouvelle réaction des académiciens. Dans une circulaire du 6 mars 1998, le Premier ministre constata le peu d’effet du texte de 1986, mais recommanda à nouveau la féminisation « dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant ». Il chargea la commission générale de terminologie et de néologie de « faire le point sur la question ».
Le rapport de la commission a été remis au Premier ministre en octobre 1998. Il rappelle qu’une intervention gouvernementale sur l’usage se heurterait très vite à des obstacles d’ordre juridique et pratique, et qu’on peut douter, de toute façon, qu’elle soit suivie d’effet. Il établit une nette différence entre les métiers d’une part (où les formes féminines sont depuis toujours en usage et ne posent pas de problème particulier), et les fonctions, grades ou titres d’autre part, qui doivent être clairement distingués de la personne. La fonction ne peut être identifiée à la personne qui l’occupe, le titre à la personne qui le porte, etc. ; pour cette raison, l’utilisation ou l’invention de formes féminines n’est pas souhaitable.
Posté le 25.04.2008 par awassapaul
Cahier d'un retour au pays natal
En hommage à Aimé Césaire, écrivain et politicien hors du commun, TV5 présente l'adaptation télévisée de son texte poétique : Cahier d'un retour au pays natal. Mettant en vedette Jacques Martial dans le rôle de l'homme qui revient et réalisé par Olivier Roncin en 2007, cette production audiovisuelle exceptionnelle permet de redécouvrir le grand humaniste martiniquais.
Influencé par le surréalisme, métaphores audacieuses et expressions de la révolte composent ce Cahier, oeuvre majeure de la poésie francophone du XXe siècle et véritable manifeste politique. Sans faire un documentaire et sans changer de virgules, le film accompagne merveilleusement en images ce retour à la Martinique et la prise de conscience de la condition inégalitaire des noirs qui en découle.