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MANUSCRITS MAURITANIENS : XVIIème siècle

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
L’Afrique noire s’est particulièrement illustrée en matière de littérature, de philosophie, de réflexion sociale, spirituelle, de culture générale et d’enseignement universitaire avec ou sans influence étrangère. Ce passage de l’historien Ibrahim Baba Kaké est l’un des vifs témoignages [1] :

"Les universités africaines étaient au Moyen Age des foyers d’une intense activité culturelle. Les villes comme Oualata, Djenné et surtout Tombouctou, avaient déjà leurs universités . L’université d’el Azhar au Caire, l’université Karaouine à Fès avec l’université de Tombouctou, formèrent le triangle culturel de l’Afrique (...) Les ouvrages des écrivains et savants africains avaient été accueillis avec faveur dans tout le monde arabe.

Ces faits son peu connus et pourtant, dès 1856, Cherbonneau les confirmait dans son Essai sur la Littérature arabe au Soudan :


"On remarque, (...) que l’enseignement donné à la jeunesse de ces contrées avait atteint le même niveau que celui des universités de Cordoue, de Tlemcen ou du Caire" (...) Il se formait dans ces universités africaines de véritables lignées de lettrés dont Ahmed Baba était le modèle le plus représentatif. Ce savant dont la renommée déborda largement les limites de la Nigritie, avait saisi toute la subtilité de la pensée arabe de son temps (...) On lui attribue un nombre considérable d’ouvrages traitant du droit musulman, de la grammaire, de l’ethnologie, de la logique, etc... (...) Il y a une dizaine d’années, Mohammed Ibrahim al-Kettani a commencé l’inventaire des manuscrits de l’Occident africain dans les bibliothèques du Maroc, sa moisson s’est révélée très fructueuse[2], poursuit Ibrahim B. Kaké.

Il est écrit à ce sujet :

"Il existe dans les bibliothèques du Maroc, une quantité d’ouvrages dus à la plume d’une quinzaine d’auteurs d’Afrique occidentale. Le total général de ces livres se situe autour de trois cents, près d’une centaine sont dus au seul Ahmed Baba". On peut donc affirmer que pendant les XIVème, XVème et XVIème siècles, la philosophie et les sciences s’épanouissaient au même degrés sur presque tout les points du continent africain".

AHMED BABA : 1526 - 1620

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
A ce titre, il est pertinent de constater que certains récits émanant des explorateurs européens, complètent cette analyse, en nous apportant des faits et des anecdotes relatant des rencontres avec des princes, des rois ou des lettrés africains maîtrisant les cultures africaines, arabes et mêmes les sciences grecques.

Ainsi, au cours de l’expédition Denham-Clapperton-Oudney (1822-1824), le sultan Bello de Sokoto, fils successeur d’Othman Dan Fodio, remit à un explorateur anglais, la copie d’un passage de son livre écrit en arabe. Au cours d’un second voyage que ce dernier fit à la cour du Souverain africain en 1827, il a noté ce qui suit dans son carnet de voyage :

"Dimanche 29- J’ai vu le Sultan ; il était assis dans son appartement intérieur ; il avait devant lui la traduction arabe d’Euclide, dont je lui avait fait présent. Il me dit que sa famille avait possédé un Euclide, qu’un de leurs parents avait apporté de la Mecque ; mais que ce livre avait péri dans l’incendie qui, l’année dernière, avait détruit une partie de sa maison. Il ajouta qu’il était extrêmement obligé au Roi d’Angleterre de l’avoir gratifié d’un don si précieux".

LIBRAIRIE AHMED BABA A TOMBOUCTOU

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
LIBRAIRIE AHMED BABA A TOMBOUCTOU

1- La traite négrière européenne : vérité & mensonges : le poids du mensonge, le choc de la culpabil

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
L’HISTOIRE DE LA TRAITE NÉGRIÈRE FAIT COULER BEAUCOUP D’ENCRE ET POURTANT DE NOMBREUSES ZONES D’OMBRES EXISTENT ENCORE SUR CETTE PAGE DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ. JEAN PHILIPPE OMOTUNDE A DÉCIDÉ D’ABORDER LE SUJET EN PUBLIANT UN OUVRAGE SUR LE SUJET AUX ÉDITIONS MÉNAIBUC...


A lire dès maintenant : la traite négrière européenne : vérité & mensonges

Sylvia B. pour Africamaat : La traite négrière reste un sujet d’actualité car ses effets subsistent encore. Cependant, beaucoup de gens avancent toutes sortes d’idées sur le sujet en disant un peu vite que se sont des nègres qui ont vendu des nègres aux négriers. C’est de là que vous avez eu l’idée de cet ouvrage ?

JPO : Oui, au début je voulais publier sur le site un article sur le sujet. J’ai donc fait des recherches et j’ai très vite j’ai dépassé les 50 pages. Ce n’était donc plus possible de publier le document sur le site, d’où mon ouvrage : La traite négrière européenne : vérité & mensonges.

Sylvia B. : C’est un sujet qui nous intéresse tous, peu importe où nous sommes dans le monde car il est à l’origine de nos malheurs actuels. Tous les ouvrages occidentaux disent que les Africains sont responsables de leur malheur car ils se sont vendus aux négriers. Beaucoup de noirs aux USA, au Brésil et dans la Caraïbe en sont d’ailleurs convaincus car on leur enseigne cela dans les écoles, d’où leur rejet actuel de l’Afrique.

JPO : Le tableau que vous avez dressé de la situation est exact. Je suis moi-même descendant d’esclave africain déporté en Guadeloupe pour cultiver la canne à sucre et cette version de l’histoire je la connais par cœur. Bon mais maintenant, il faut réfléchir et tâcher de comprendre les réalités historiques de l’époque.

Sylvia B. : Moi, il y a des choses que j’aimerais enfin comprendre ?

JPO : L’esclavage est un sujet sur lequel il y a eu plus de mensonges que de vérités distillés dans les manuels ou les média. Il nous faut donc réexaminer chacune des informations.

Sylvia B. : Commençons par le rôle de l’Eglise dans l’affaire. L’Eglise a t-elle été à la hauteur de sa mission et de son message ?

JPO : Si on tient compte du fait que le rôle de l’Eglise est de préparer la venue du royaume de Dieu et qu’au royaume de Dieu il n’y a ni maître ni esclave, l’Eglise s’est fourvoyée car elle défend et justifie l’esclavage dans la Bible ! Voyons cela.. Dans les textes de l’Ancien comme ceux du Nouveau Testament leurs auteurs soit-disant inspirés, reconnaissent et acceptent l’esclavage. Ils cherchent seulement à tenter de l’humaniser.

St Paul demande par exemple aux esclaves d’obéir à leur maître "avec crainte et tremblement". "Nous avons tous, en effet, été baptisé dans un seul corps, soit juifs, soit grecs, soit esclaves, soit libres et nous avons tous étés abreuvés d’un seul Esprit" dit le passage de Corinthiens 12,v 13 mais dans épître aux Galates, la Bible se contredit en lançant : "Il n’y a ni hommes, ni femmes, ni Juifs, ni Grecs, ni hommes libres, ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus Christ ". Jésus Christ est à toutes les sauces, tantôt esclavagiste, tantôt abolitionniste. Vous voyez !

Sylvia B. : C’est assez surprenant dit comme cela !

JPO : Deuxièmement, l’Eglise a non seulement possédé des esclaves mais aussi expulsé les Noirs de ses locaux à l’époque de la ségrégation aux USA ou durant l’Apartheid en Afrique du Sud, ne l’oublions pas ! Aux Antilles, c’est le fouet qui donnait le signal de la prière aux esclaves sur les plantations, vous pensez que c’est sérieux ? Martin Luther King comptait même parmi ses plus durs adversaires, des hommes d’église qui voyaient d’un très mauvais œil son combat pour les droits civiques.

Sylvia B. : Tout ces choses ne sont généralement jamais abordées par les média. Il y a une certaine conspiration du silence en occident sur tout cela !

JPO : Je n’ai pas fini. Troisièmement, la Bulle pontificale d’appel soit disant à la "guerre sainte" contre les païens nègres, datant du 8 janvier 1454 et rédigée par le Pape Nicolas V (de son vrai nom Tomaso Parentucelli) dont voilà un extrait, invite clairement le roi Alphonse V du Portugal à décimer l’Afrique, à mettre en esclavage les Nègres et à les déporter , manu militari :

"Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphone, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (nègres), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (...) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...) Beaucoup de Guinéens et d’autres Noirs qui avaient été capturés, certains aussi échangés contre des marchandises non prohibées ou achetés sous quelque autre contrat de vente régulier, furent envoyé dans lesdits Royaumes (Amérique, Antilles...)",(Cf. Le péché du Pape contre l’Afrique, Assani Fassassi, éd. Al qaram.). Le texte est suffisamment clair.

Bon, maintenant quant aux évêques africains qui demandent pardon aujourd’hui pour la traite, il faudrait qu’ils nous donnent au préalable de toute discussion, le nom des évêques africains qui existaient à l’époque de la traite ? Moi, je n’en connais pas donc je ne discute pas avec eux !

Sylvia B. : l’historiographie occidentale dit qu’il fallait évangiliser les Noirs, d’où le fait de les déporter en Amérique ?

JPO : C’est une autre escroquerie cette affaire. Déjà Dieu est né en Afrique de l’aveu des anciens (Grecs, Egyptiens, etc...). C’est toujours l’Ethiopie qui est désignée par les historiens anciens, comme étant le pays d’origine des pratiques religieuses.

D’autre part, de l’aveu même de l’abbé de Castelli, alors préfet de la Martinique en 1844 qui dresse un constat cinglant 4 ans avant l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, il n’y a jamais eu d’enseignement religieux destiné aux esclaves. Voilà d’ailleurs ce qu’il écrit lui-même :

"Le mouvement de la propagation religieuse est NUL OU PRESQUE NUL, en comparaison de ce qu’il devrait être dans la situation actuelle".

Et pour la Guadeloupe, il poursuit :

"Osons le dire, l’instruction religieuse et morale des esclaves, si fortement recommandée par les ordonnances royales et les prescriptions ministérielles, si impérieusement prescrite surtout par les divins préceptes de l’évangile, est NULLE à la Guadeloupe" (Cf. M. L’abbé de Castelli, De l’esclavage en général et de l’émancipation des Noirs. Les mots en lettres capitales, le sont dans le texte original).

Les faits sont là !

Sylvia B. : Bon, dites-nous Mr Omotunde, est-il vrai que les historiens blancs qui sont des donneurs de leçon à la mémoire courte, passent sous silence l’époque où l’Europe vendait des esclaves blancs aux Arabes ?

JPO : Toute l’histoire de l’Europe est jalonnée de ce type de fait car les sociétés indo-européennes issues du nomadisme ont été pour la plupart esclavagistes (Grèce, Rome...). Durant le Moyen Age à l’époque carolingienne par exemple, des chrétiens vont combattre sans relâche, des peuples européens de langue slave installés dans la majeure partie de l’Europe centrale et orientale, qu’ils traitent de païens.

Les rois saxons Henri l’Oiseleur et Otton Ier vont par exemple dès le Xème siècle en faire leur "sport" favori. Les captifs Slaves vont alors alimenter massivement un commerce esclavagiste prolifique entre Venise et l’empire Arabe au sud de la Méditerranéenne. Les commerçants vénitiens, pourtant chrétiens, ne voient absolument aucune objection à ce trafic d’esclaves blancs. Ils vendent sans état d’âmes de futurs esclaves Slaves aux marchands Arabes. Le "Quai des esclaves", de son vrai nom, la Riva Degli Schiavoni, à Venise est d’ailleurs l’un des vestiges de cette période.

C’est donc à ce moment que le mot latin "Slavus" désignant les Slaves, va être progressivement remplacé par le mot "Sclavus" d’où le mot "Esclave" pour désigner des captifs blancs privés de liberté et considérés comme des "biens meubles". Selon l’historien Jacques Heers, les Bulgares même n’échappaient pas non plus aux trafics d’esclaves blancs [Cf. Jacques Heers, Esclaves domestiques au Moyen Age dans le monde méditerranéen, Paris, Hachette, 1981] :

"Condamnés ou pourchassés par l’Eglise d’Orient elle-même, capturés, vendus aux italiens, les Bulgares apparaissent nombreux sur les marchés d’Occident (y formant) une part non négligeable de la population servile dans les années 1200 et 1300".

Donc vous voyez, à l’époque les Européens vendaient des esclaves blancs aux Arabes en passant par Venise d’où l’origine même du mot "esclave" qui désigne dans son sens premier, des blancs mis en captivité. Enfin, avant de déporter des Nègres sur les plantions, les Européens ont d’abord déporté des milliers blancs qui portent par euphémisme, le nom d’engagés.

Sylvia B. : Merci de toutes ces précisions. je poursuis mon investigation avec vous. Est-il vrai que l’Afrique était peuplée que de sauvages à l’époque précoloniale ?

JPO : Dans la réalité, il n’y avait pas plus de sauvages en Afrique qu’il y en avait en Europe au même moment.

Que dit par exemple l’ethnologue allemand Léo Frobénius (1873-1938), qui a entrepris près d’une douzaine d’expéditions en Afrique noire [Cf. Histoire de la civilisation africaine - Léo Frobénius - traduit par Back et Ermont, Gallimard, Paris 1938] :

"Lorsqu’ils (les navigateurs européens) arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres : ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes ! Plus au sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique, par exemple". Et ce n’est pas le seul témoignage occidental.

Sylvia B. : Comment les historiens européens perçoivent-ils la traite ?

JPO : Sylvie Brunel de l’université Paul Valéry à Montpellier affirme que "Beaucoup d’africains ont tiré parti du commerce de leurs semblables (...) le continent noir incarne aujourd’hui toute la misère du monde (...) Qu’il faille coopérer avec l’Afrique l’aider à sortir de la pauvreté et du sous-développement ne doit pas pour autant s’exercer au nom d’une prétendue "réparation" d’un passé pour le moins trouble" (Cf. Revue, L’histoire n° 280 S, P. 79).

Olivier Pétré-Grenouilleau professeur à l’université de Bretagne-sud raconte que : "C’est parce que la traite était profitable, dans le contexte africain, que des négriers noirs offrirent à leurs homologues occidentaux et orientaux, les captifs que ceux-là ne souhaitent ni ne pouvaient forcer les marchands africains à leur vendre (...) Cet infâme trafic n’aurait pu être mis en place s’il n’avait rencontré l’intérêt de négriers africains disposant d’une réserve d’esclaves, fruit de guerres inter-africaines incessantes à certaines époques"( Cf. La Documentation Française, Les traites négrières, Olivier Pétré-Grenouilleau).

Liliane Crété auteur de "La traite des nègres sous l’ancien régime" (éd. Perrin), ajoute que : "Il faut reconnaître que les Africains furent en partie responsable de leurs malheurs".

Bref, inutile de tous les passer en revue, tous les textes sont du même acabit.

Sylvia B. : Oui mais certains responsables africains disent qu’ils ont autrefois vendu des Nègres ?

JPO : Que ceux qui disent cela nous sortent leurs contrats de vente ! Sans contrat de vente on ne discute pas ! Quand on dit que les Européens ont vendu des esclaves noirs, les documents sont là. D’ailleurs sans document authentique, aucun européen ne nous prendrait au sérieux n’est ce pas ? Bon !

Sylvia B. : Y avait-il déjà des esclaves en Afrique ?

JPO : Ce thème est l’un des arguments principaux des Européens mais il est fallacieux, comme tous leurs arguments. Si l’esclave se défini comme un "bien meuble" (Code Noir), un "objet animé" (Aristote), un "être maudit" (malédiction de Cham, Bible, Génèse), un "instrument de production" (Ernest Renan), une "bête de somme" ou un "objet de distraction" (Rome), il convient d’admettre une bonne fois pour toute, que ce type d’individu était inexistant en Afrique noire précoloniale !

L’Afrique a pratiqué le servage mais l’esclavage non ! C’est incompatible avec son berceau idéologique, l’Egypte ancienne, où l’esclavage n’existait pas, n’en déplaise à Mr Pierre Grandet [Cf. L’histoire n°280 S] qui va même jusqu’à dire que le "silence des sources (...) ne permet pas de supposer que l’esclavage ait été ignoré en Egypte". Même lorsque l’on n’a rien, il faut quant même affirmer.

Vous imaginez si nous nous abaissions à de telle conclusion sans disposer d’aucune preuve à propos de l’histoire de l’Europe ?

Sylvia B. : Voyons le dossier le plus sensible, celui de la soi-disante responsabilité africaine ?

JPO : J’y viens mais d’abord quelques préalables. Sur tous les continents, l’histoire de l’humanité a connu les mêmes étapes. Des individus ont tout d’abord formé les premiers clans puis ces clans se sont affrontés plus ou moins violemment. Chaque victoire permettait au clan vainqueur de s’agrandir. Ce phénomène fit que les clans devinrent des principautés qui s’affrontèrent pour finalement donner naissance à des royaumes. Puis les royaumes se sont affrontés pour donner naissance à l’Etat. Telle est l’histoire de France par exemple.

Donc parler de luttes intestines africaines sans donner l’explication de ces luttes est une preuve d’incompétence de l’auteur, il faut le savoir ! Ainsi, avec un minimum d’honnêteté, Serge Daget avoue [Cf. La traite des Noirs, éd. Ouest-France Université] : "Rappelons encore une fois, les remarques faites à leurs époques par deux souverains africains au sujet de leurs guerres. Le roi du Dan-Homey (le Dahomey, actuel Bénin et plus exactement Abomey capitale du royaume) comme le roi des Asantes disaient l’un et l’autre que l’objectif de leurs combats militaires n’était pas de remplir les navires négriers de captifs à déporter. Leurs guerres étaient politiques. Dans le cas du Dahomey par exemple, la politique essentielle consistait à se libérer de la tutelle et des tributs économiques que, peut être antérieurement à sa propre constitution politique bien datée au milieu du XVIIème siècle, le royaume versait déjà à l’empire Yoruba d’Oyo. Dans le cas du royaume Asante (on dit Achanti en français), la politique essentielle consistait à réduire puis détruire la puissance des royaumes et empires environnants, Denkyira, Akwapin, Akwamu, Gonja, afin d’assurer sa prépondérance, la transcender par la création d’un empire, puis de maintenir celui-ci".

Donc, avant l’arrivée des blancs, le processus historique universel de la formation des vrais états africains était en marche. Il est donc faux de dire que les luttes avaient pour but l’approvisionnement de la traite !

Sylvia B. : Que va-t-il alors se passer avec l’arrivée des blancs ?

JPO : Il faut savoir que l’arrivée des blancs en l’Amérique, l’extermination des Indiens et l’incapacité des blancs à cultiver les terres de leurs nouveaux territoires ont conduit leurs rois à prendre unilatéralement la décision d’aller capturer des Nègres en Afrique pour faire le boulot à leur place. Donc, cette décision a été prise par les rois européens et le Vatican seuls !

Ce qui s’est passé après ne nous concerne déjà plus, puisque la décision avait déjà été prise de toute façon. D’ailleurs aucun indien ne discute encore pour savoir qui a vendu qui, compte tenu du fait qu’ils y sont presque tous restés. Donc ayant acquis par le génocide généralisé des Indiens de nouvelles terres en Amérique, les Européens ont changé de stratégie. Cela aurait pu être aussi le contraire, à savoir génocide des Nègres et déportation massive des Indiens en Afrique. On voit bien ici que tout cela relève de la cuisine exclusivement européenne.

Bon, mais on constate que certains historiens qui salissent les Nègres au début, connaissent bien la vérité. C’est une stratégie bien connue en communication. Mme Crété avoue par exemple que :

"Pour se défendre ou reconquérir leur liberté, les peuples assujettis ou en voie de l’être, devaient acquérir des fusils et de la poudre. L’Afrique de l’Ouest fut entraînée dans une course aux armements qui aboutit à un accroissement du trafic des esclaves. Les Africains étaient pris dans un engrenage infernal : pour obtenir des fusils, il fallait des esclaves ; pour se procurer des esclaves, il fallait des fusils. Au XVIII siècle, les guerres tribales mirent la région à feu et à sang". Comment faut-il comprendre cela ? A l’époque, nos ancêtres avaient enclenché le processus qui devaient aboutir à la formation des Etats africains. Là-dessus, arrivent les Européens qui proposent des armes aux royaumes fraîchement assujettis en leur proposant en échange de captifs provenant du camp adverse, une aide logistique essentiellement en armes à feux et autre poudre à canon. Le royaume déjà vainqueur est mis à mal par les anciens vaincus, équipés cette fois en armes de destruction massive d’origine européenne. Constatant alors sa défaite annoncée, l’ancien roi vainqueur va voir les Européens pour clarifier la situation. Le rapport de force est en sa défaveur et les choix qui lui restent sont minces. Soit il accepte sa défaite et la déportation de tout son royaume, soit il se défend.... avec des armes européennes pour rétablir le rapport de force. Contraint et forcé, il accepte et voilà maintenant qu’en échange d’armes à feu, les deux camps livrent des captifs aux européens qui tirent toutes les ficelles.

Notons enfin, qu’à l’époque la notions de "frère" dans la communauté noire, n’existait pas ! Elle est une résultante de l’esclavage et de la colonisation.

Sylvia B. : Transposons tout cela à l’Europe pour mieux comprendre.

JPO : Ok, imaginez que nous sommes à l’époque de la conquête de la Gaule par les romains. Vercingétorix sait que sa défaite est annoncée tandis que les romains chantent déjà victoire. Arrivent alors les guerriers du Dahomey avec des mitraillettes qui disent à Vercingétorix : "Aide nous a détruire l’empire romain, en échange on te donne des mitraillettes et tes captifs romains tu nous les remets. On va les expédier en Afrique pour cultiver l’igname". Il n’y a pas une seule chance pour que Vercingétorix disent non, on est d’accord ! Bon, 2 semaines après la bataille, les Dahoméens vont voir Jules César et lui disent : "Bon, tu vois que tu vas perdre ton royaume, c’est évident ! Si tu veux sauver les tiens, on te fait une proposition. On te livre nos mitraillettes et en échange, tu nous livres tes captifs gaulois". Pensez-vous que César dira non ? Impossible ! Résultat, les Dahoméens gagnent sur les deux tableaux car ils ont mis en place un rapport de force de part leur équipement militaire plus sophistiqué que les Européens. Résultat : L’Europe est à feu et à sang à cause des Dahoméens qui y introduisent toutes sortes d’armes à feu.

Imaginez la suite maintenant, Vercingétorix a gagné. Mais les Dahoméens veulent toujours des captifs, n’est ce pas ? Ne vont-ils pas alors lui suggérer de livrer de nouvelles guerres à d’autres royaumes européens pour faire de nouveaux captifs ? Bon, vous avez compris maintenant ! !


Sylvia B. : Vous voulez dire que toute l’histoire de l’esclavage repose sur ce principe ?

JPO : Même Mme Crété le confirme : "La prolifération des armes à feu facilita l’incorporation forcée des petits Etats dans les grands. L’expansion territoriale par la force devint le moyen par excellence d’accaparer le pouvoir économique de l’ordre nouveau". Pour se rendre compte de l’importance de ce phénomène, il vous suffit d’analyser la courbe exponentielle de la production d’armes à feu en Europe à cette époque. Pour le Golfe du Bénin par exemple, J. B. Inikori avance le chiffre de 283 000 armes à feux introduites entre 1750 et 1807. Selon Richardson, c’est près de 180 000 fusils qui furent introduits par an durant les années 1730 sur la côte des esclaves. Pour beaucoup, ces estimations sont encore en dessous de la vérité.

Mais je voudrais encore vous donner cet autre exemple. M. Poncet alors Gouverneur de Gorée en mai 1764, a averti le ministre des Colonies français de ses intentions qui visaient à entraîner le Damel Madior et le Buurba Dyolof, deux royaumes africains, dans une guerre intestinale farouche, afin d’affaiblir les deux souverains pour qu’ils ne soient pas en mesure de s’opposer à la pénétration française [Cf. Becker (Charles) et Martin (Victor), Kayor et Baol : royaumes sénégalais et traite des esclaves au XVIIIème siècle, Revue française d’histoire d’outre-mer, tome LXII, 1975].

Que dit alors M. Poncet, je vous laisse apprécier : "Kayor appartient à Damel dont je suis sûr, nous sommes entièrement liés d’intérêts... Pour celui d’Yoloff dont le roy se nomme Bourba-Yolof, je ne sçai s’il me fera quelques difficultés, mais s’il ne veut pas s’arranger avec moy, je luy ferai faire la guerre par Damel. Les Roys de Cayore et de Yoloff sont ennemis dès l’instant qu’ils sont Roys, Bourbayoloff ayant intérêt de l’affoiblir. Je leur ferai assez bien sentir leur intérêt et je donnerai à Damel des Présents de poudre et de balles afin de l’engager à attaquer Bourbayoloff, je pourrois même lui fournir un détachement et du canon de campagne".

Vous voyez le subterfuge ?

Sylvia B. : Je dois reconnaître que votre analyse m’ouvre considérablement les yeux sur cette page d’histoire. Je comprends mieux tout cette entreprise de falsification autour de la traite.

JPO : Naturellement dans mon ouvrage, je donne encore plus de détails. Je reste convaincu que cette affaire a été montée de toute pièce par les Européens pour arracher des captifs à l’Afrique. Aujourd’hui, les historiens occidentaux sont tous amnésiques car la question des réparations les inquiètent. Mais qu’ils sachent qu’il va falloir dédommager l’Afrique et les descendants des esclaves. On ne lâchera pas l’affaire ! Car bien mal acquis... vous connaissez la suite. Ceci dit, jusqu’à aujourd’hui, c’est la même stratégie qui est utilisée pour affaiblir des populations dans certaines régions du globe.

Sylvia B. : Un dernier mot pour nos internautes ?

JPO : On pourrait dire de la même façon que les Noirs détruisent les Noirs aujourd’hui dans les ghettos américains en vendant de la drogue aux leurs. Mais cela serait simpliste car la drogue ne pousse pas dans le ghetto. Elle ne pousse pas non plus aux USA. Donc les véritables questions sont : Pourquoi les Noirs en sont réduits à cela ? Qui fait pression sur eux au point de les acculer à cela ? Qui achemine la drogue aux USA puis dans le ghetto ? Qui tire profit de ce trafic ? Où va l’argent ? Que font les services chargés de veiller à la sécurité des citoyens ? Pourquoi y-a-t-il plus d’armes à feux dans les ghettos noirs que dans n’importe quel autre endroit aux USA ? Qui achemine les armes ? etc...

Voilà pourquoi, nous devons en urgence étudier notre histoire pour mieux comprendre les pièges qu’on leur a autrefois tendu et que l’on nous tend encore aujourd’hui !

Notre histoire est pour nous une source d’enseignement qui n’a pas de prix. Pour cela, bâtissons-nous une carapace indestructible à l’épreuve de toutes les tentatives de falsifications de nos soi-disant amis ! Le débat est ouvert !

Merci à tous...

La traite négrière européenne : VERITE ET MENSONGES

Posté le 19.05.2008 par awassapaul

La traite négrière européenne : VERITE ET MENSONGES
Un livre de Jean-Philippe Omotunde

l’actualité récente (conférence de Durban contre le racisme, montée en puissance des revendications pour les réparations...) a relancer l’intérêt du public pour cette page d’histoire tragique qu’est la traite négrière européenne. Après une lutte acharnée, la République Française, sous l’impulsion de la députée de la Guyane, Mme Christiane Taubira-Delanon, a finalement reconnu en mai 2001, la traite négrière européenne comme un "Crime contre l’Humanité".

Cependant, le monde noir n’a pas encore vraiment saisit l’importance du combat à mener pour l’obtention des réparations. La raison majeure de cette immobilité tient au fait que les analyses historiques de la traite négrière demeurent trop souvent sous l’emprise d’un européocentrisme dogmatique et hypocrite. Les moyens médiatiques mise en place pour culpabiliser les Nègres et répandre de fausses vérités sont colossaux. Les idées les plus couramment véhiculées sont que les Africains vivaient tous à l’état sauvage à l’arrivée des Européens, que les rois africains ont joyeusement vendu des captifs aux négriers européens, voir qu’il fallait évangéliser et civiliser des Nègres encore cannibales, etc.

Ainsi, le troisième ouvrage de Jean-Philippe Omotunde, vous propose un destruction méthodique des arguments utilisés par les Européens pour justifier la traite négrière et culpabiliser les Nègres dans le but d’édulcolorer la question des réparations. Vous pensiez avoir tout lu sur la traite négrière, vous allez être surpris !


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L’auteur :
Jean-Philippe Omotunde, chercheur en histoire, conseiller en communication et originaire de la Guadeloupe, lève pour vous le voile dans son troisième ouvrage, sur les mensonges historiques de la traite négrière européenne.


Marc-Olivier Fogiel condamné pour "injures raciales" à l’égard des Noirs.

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
Jugement rendu par le tribunal suite à l’affaire des SMS racistes ! Montpellier 29 septembre

Lettre d’information des orgres utopistes :

Au début de l’émission "On ne peut pas plaire à tout le monde" qui a suivi de QUATRE JOURS celle où Dieudonné caricaturait un colon sioniste facho, et juste après les excuses publiques téléguidées de Marc-Olivier Fogiel, une vingtaine de SMS critiquant Dieudonné ont défilé à l’antenne de France 3, dont en particulier :

« Dieudo-Le Pen, même combat ? »
« Dieudo, ton cas relève de la psychiatrie »

On y voit la volonté manifeste, appuyée par PAF Productions et la direction de l’antenne, de "punir" Dieudonné pour son improvisation politiquement engagée contre tous les extrémismes, y compris le sioniste. Et ceci va se faire sur le dos de l’ensemble de la communauté Noire.

Fogiel souriait et dansait avec Dieudonné en fin d’émission, aucun SMS critiquant Dieudonné ou son sketch n’était diffusé, or ces SMS sont déclarés par PAF Productions représentatifs des réactions des téléspectateurs...

Quatre jours d’activisme sioniste plus tard, curieusement, MOF est donc devenu le premier défenseur de la nouvelle idéologie politique sioniste contemporaine franco-française, en s’excusant publiquement puis en utilisant son émission à des fins propagandistes, diffamatoires, injurieuses et lyncheuses.

Parmis les SMS il se trouvait celui-ci, particulièrement abject :

« Ça te ferait rire si on faisait des sketchs sur les odeurs des Blacks ? »

"Les odeurs des Noirs" sont montrées par cette phrase comme une soi-disant réalité. "Des odeurs de Blacks" aurait été une expression plus neutre. Le mieux était en fait de ne pas aborder ce thème typiquement raciste, pour répliquer à ce qu’on prétendait être un sketch raciste.

Tous les Noirs ont été injuriés dans ce SMS, préfabriqué par l’équipe Fogiel, qui insinue que tous les Noirs sentent mauvais.

Analyse des orgres :

L’affaire du faux SMS raciste de Fogiel est une double affaire, à la fois de racisme, et d’arnaque des téléspectateurs au SMS.

La citation directe à comparaître de Dieudonné à Fogiel pour "injures raciales" examinée le jeudi 8 septembre 2005 par le tribunal de Montpellier, aboutit aujourd’hui 29 septembre à la condamnation de Marc-Olivier Fogiel pour "injures raciales".

Fogiel est condamné à 5000 euros, Marc Tessier, ancien président de France-Télévisions à 4000 euros, Laurent Bon, ex rédacteur en chef à 200 euros, et Gamelin son adjoint, 1000 euros.

Le nouveau Président de France-Télévisions, Patrick de Carolis, a annoncé à la rentrée son intention d’en finir avec cette génération des "animateurs-producteurs", ce système à tendance monopolistique dont les patrons se nomment Ardisson, Fogiel, Delarue, Arthur, etc.

Voici une occasion à ne pas manquer pour empêcher de nuire l’un d’entre-eux, Fogiel, condamné pour racisme sur le service public de télévision, service financé par les citoyens, dont une partie importante s’est trouvée injuriée avec son propre argent...

Les OGRES Utopistes Concrets réclament le licenciement immédiat de Marc-Olivier Fogiel.

Dieudonné s’est trouvé exclu de la télévision pendant des mois, sur une simple présomption de racisme instillée par la propagande sioniste, un sionisme antisémite et pro-israélienne unique dans le monde et spécifique à la France. Et le BLACK-OUT sur Dieudonné n’est pas encore tout à fait levé malgré les 18 relaxes par la Justice !

La direction de France 3 doit tirer les conséquences de cette affaire, elle ne peut laisser agir un animateur-producteur condamné pour racisme ! Cette émission propage également de sales moments véritablement indignes, comme sa jumelle d’Ardisson sur France 2. Il y a deux Justices en France : Celle des tribunaux de la République et celle des médias

Ainsi, Dieudonné condamné par les médias est relaxé par la Justice Française.

Ainsi, Fogiel épargné par les médias est condamné par la Justice Française.

Les mass-médias français se sont RIDICULISES. Plus personne de bonne foi ne peut avoir foi en leurs gros titres. On l’a vu de façon flagrante lors du référendum OUI ou NON à la constitution européenne : L’unanimité des médias propagandistes Goebelsiens à défendre le OUI s’est vue rétorquer majoritairement et massivement un NON du Peuple de France.

Les "élites" médiatiques et politiques s’en foutent.

Ils méprisent la volonté populaire la plus solidement exprimée. Comme ce gouvernement sarkosé qui n’ECOUTE JAMAIS LES PROTESTATIONS, les médias aux ordres n’ont plus rien de démocratiques. Nous sommes en démocrature, une démocratie de pacotille, où seule la Justice résiste encore, mais pour combien de temps encore ?

Les élites visibles ont trahi 1789. Tout est à reconstruire, pacifiquement mais avec fermeté, et en s’appuyant sur le seul maquis encore un peu fréquentable : Internet.


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Confessions d’un négrier français...

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
La notion de profit lié au commerce du bois d’ébène trouve tout son sens avec ce témoignage.


Théodore Canot(1806-1860), navigateur et négrier français, nous livre dans ses mémoires [1], son témoignage personnel de rentabilité de la traite négrière européenne. Extrait...

« Au jour dit, la Fortuna leva l’ancre avec deux cent vingt êtres humains entassés dans sa cale. Trois mois après, j’étais avisé qu’elle en avait débarqué deux cent dix sept dans la baie de Matanzas et que leur vente avait donné un bénéfice net de $ 4 143 854 dollars sur le voyage. Le lecteur croira difficilement à un bénéfice si élevé, je reproduis donc ci-dessous les comptes des frais du voyage et ceux de la liquidation faite à Cuba au retour ».

Cette confession met en évidence la notion de profit maximum lié à l’exploitation négrière. Pour convaincre le lecteur incrédule, Théodore Canot va jusqu’à publier dans son autobiographie, le bilan comptable de sa transaction.

Rentrées ................... 8 141 900

Dépenses .................. 3 998 046

Bénéfice net ............ $ 4 143 854 dollars

Ainsi, le commerce négrier engendrait en moyenne par bateau, un bénéfice net supérieur ou égal à 50 % du chiffre d’affaires réalisé (Rentrées). On comprend maintenant la fièvre commerciale qui sévissait dans les milieux bourgeois français. Pour confirmer ce fait, Voltaire affirmait même en 1753 :

« Les Antilles sont des points sur la carte, mais enfin ces pays, qu’on peut à peine apercevoir sur une mappe monde, ont produit en France une circulation annuelle d’environ 60 millions de marchandises ».

60 millions de marchandises circulant annuellement vers 1753, on voit tout de suite l’énorme bénéfice réalisé au cours de 200 ans d’exploitation humaine. Cela équivaudrait en 2003 à près de 60 milliards de francs soit 9 250 000 000 euros par an.

De plus, on affirmait même en haut lieu que l’arrêt de la traite négrière entraînerait le chômage de la moitié des ouvriers français de l’époque. Car la construction et l’affrètement des bateaux négriers au Havre, à Nantes, à Bordeaux, à St Malo, etc..., faisait appel à une multitude de métiers. En 1783, la France arrivait en tête du classement mondial des exportations de café (40 000 tonnes), de sucre (100 000 tonnes) et en bonne place pour le coton (1 000 tonnes).

Ainsi, l’essor économique de la France résulte directement de l’exploitation négrière qui constituait à l’époque le premier poste économique du pays.

Cheikh Anta Diop

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
Il est raisonnable de penser qu’un gouvernement fédéral africain donnera des armes égales aux tenants de la religion ancestrale, en provoquant un conseil œcuménique et ses prêtres, pour permettre la création d’une hiéarchie, d’une liturgie mieux adaptée, la formation et l’éducation d’une castes de prêtres à l’échelle du continent, l’approfondissement et la normalisation du dogme sur la base du Monothéisme ancestral. Ce faisant, le gouvernement fédéral futur protégera le continent de toute nouvelle pénétration insidieuse de l’étranger, mettra les Africains à l’abri de toute aliénation culturelle.

Cheikh Anta Diop
Alerte sous les tropiques, p. 122, Présence Africaine

Nicolas sarkozy demeure une énigme pour les afro-francais

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
Analyse de propos graves tenus dans certains discours officiels.




1- Propos tenus par Nicolas Sarkozy en direction des afro-français

Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l’élection présidentielle ayant remporté le suffrage des français à 53%, a tenu à remercier ses électeurs dans une allocution télévisée très regardée.

Néanmoins pour les afro-français (Antilles, Afrique) que nous sommes, l’euphorie de la victoire ou la surprise de la défaite voire l’indifférence face à ce scrutin national, ne doit pas oxyder notre lucidité collective et ouvrir de nouvelles brèches aux divisions internes stériles et peu productives.

Même si le site RFO.fr semble « étonnement » l’avoir oublié, dans sa première allocution le futur homme d’Etat qu’est Monsieur Sarkozy, a dit des choses vraiment très graves. « Je vais » dit-il, « en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres ».

Cette déclaration détonante visant la Loi Taubira, n’est qu’une version « light » de propos encore plus graves tenus dans des discours précédents que nous souhaitons porter à votre attention pour nourrir votre réflexion.


NICOLAS SARKOZY Ainsi, dans une réunion publique tenue à Agen le 22 juin 2006, le candidat de l’UMP avait déjà déclaré : « Ceux qui au lieu de se donner du mal pour gagner leur vie préfèrent chercher dans les replis de l’histoire une dette imaginaire que la France aurait contracté à leur égard et qu’à leurs yeux elle n’aurait pas réglé, ceux qui préfèrent attiser la surenchère des mémoires pour exiger une compensation que personne ne leur doit plutôt que de chercher à s’intégrer par l’effort et le travail ».

Propos qui furent précisés dans sa déclaration publique du 7 février 2007 à Toulon : « Je veux le dire à tous les adeptes de la repentance qui refont l’histoire et qui jugent les gens d’hier sans se soucier des conditions dans lesquelles ils vivaient, ni de ce qu’ils éprouvaient (...) De quel droit demandez vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères, que souvent leurs pères n’ont commises que dans votre imagination ».

Ainsi, les siècles de razzias négrières et d’esclavage ne seraient que le fruit de notre imagination collective délirante et la colonisation de l’Afrique par la France, l’implantation de simples camps de vacances, dits « colonies de vacances » sous les tropiques. Etonnant raccourcis de l’histoire de France, non ?

2- Généalogie des événements récents

En 2001, Mme Christiane Taubira alors députée de Guyane, parvient à convaincre l’Assemblée Nationale de voter une loi reconnaissant officiellement la traite et l’esclavage des Noirs comme un Crime contre l’humanité.

A l’époque, cette décision officielle est à peine relayée par les média nationaux et les dispositions légales prévues par la loi traînent à être suivies d’effets. La conférence internationale « Contre le racisme » à Durban (Afrique du sud) organisée la même année par l’ONU, va relancer le débat en lui donnant une envergure internationale sous la pression de diverses ONG et associations représentant les nombreux peuples du sud, victimes du racisme et de la discrimination sociale dans les pays du nord depuis le XVème siècle.

Les média tentent alors d’étouffer les ardeurs de ceux qui voudraient voir évoluer les mentalités dans le bon sens en n’offrant par exemple aux descendants des victimes aucune plateforme d’expression. Fin 2004, l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau publie son ouvrage « Les traites négrières, essai d’histoire globale » aux éditions Gallimard. Loin d’apaiser les tensions, cet ouvrage aux saveurs eurocentristes, va entraîner l’auteur dans une course médiatique effrénée, destinée à créer une confusion entre les aspirations légitimes des descendants des victimes des razzias négrières et de l’esclavage, le besoin d’information du public français et les intérêts d’un lobby que visiblement, il défend.

Plutôt que de percevoir la démarche visant à examiner les modalités nationales réservées au traitement de la mémoire de la Shoah par les nouveaux venus dans le « cercle » restreint des victimes officielles d’un « Crime contre l’humanité » comme une première phase normale d’appréciation, c’est une polémique malsaine sur la « concurrence des mémoires » qui a été échafaudée de toute pièce par certains leaders d’opinion. Plutôt que de retenir l’axe dynamique des « compensations » souhaitées par les descendants des victimes, c’est l’axe fallacieux de la « culpabilisation » et de la « repentance » des français qui cannibalise le discours médiatique. Mais dans le fond, il s‘agit de cacher quoi ? A qui ? Et dans quel but ?

Pris en otage sur une question aussi sensible, l’avis de l’opinion publique subit inexorablement les affres d’un discours historiographique à sens unique, qui n’est dans le fond que la version recyclée du catalogue des justifications fallacieuses des négriers européens d’autrefois. D’ailleurs emporté par sa vague médiatique, Olivier Pétré-Grenouilleau se retrouva en bout de course sur l’échafaud du discrédit pour avoir pilonné la loi Taubira, qu’il conteste ouvertement puis qu’il amalgame de son propre chef à un génocide, sans que le texte de loi définissant le crime contre l’humanité y fasse référence : « C’est aussi le problème de la loi Taubira qui considère la traite des Noirs par les Européens comme un crime contre l’humanité, incluant de ce fait une comparaison avec la Shoah. Les traites négrières ne sont pas des génocides... Le génocide juif et la traite négrière sont des processus différents. Il n’y a pas d’échelle de Richter des souffrances » [1].

Cette déclaration, extraite du Journal du Dimanche , lui a inévitablement valu une première action en justice, avortée certes, pour contestation de « Crime contre l’humanité » par le Collectif des Antillo-guyanais. Cependant une deuxième est cours, portée par le MNH (Mouvement pour une Nouvelle Humanité) et le COFFAD (Collectif des Fils et Filles Déportés d’Afrique) pour « Diffamation publique raciale et Apologie de crime contre l’humanité » . Avec un tel passif, qui pourrait encore douter du parti pris eurocentriste de l’auteur ? L’establishment, qui s’est empressé de lui décerner le 11 juin 2005, le « Prix du Sénat du Livre d’Histoire », a par ailleurs révélé un visage inédit.

En février 2005, le vote d’une loi émanant de députés de UMP louant « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » va soulever l’indignation générale en Algérie, en Afrique noire et aux Antilles. Cette loi qui a ulcéré Aimé Césaire et Abdelaziz Bouteflika, pousse des professeurs d’université à s’indigner publiquement de cette incursion du politique dans leur profession.

Pour finir, les critiques épicées de l’humoriste Dieudonné sur la gestion nationale du passé esclavagiste et colonial de la France, vont véritablement enflammer les médias qui dorénavant, ne pourront plus ignorer continuellement l’avis des descendants des victimes. S’ensuit alors une tentative de remise en question de toutes les lois relatives aux événements dramatiques de l’humanité qui va encore semer la confusion. D’autant plus que l’idée d’une « repentance » nationale, volontairement mal définie et péjorativement amenée, est régulièrement ressassée.

Cependant, un nouvel argument, l’anachronisme, va progressivement creuser son sillon eurocentriste en décrétant que l’on ne peut apprécier le passé avec les idées et les textes de loi d’aujourd’hui. C’est un peu vite oublier que la Déclaration des Droits de l’Homme date de 1789 et que l’abolition définitive de l’esclavage est intervenue 59 ans après, soit en 1848.

Fin 2005, à l’aube des commémorations du bicentenaire de la victoire de Napoléon à Austerlitz, Claude Ribbe surprend l’opinion publique en publiant aux éditions Privé « Les crimes des Napoléon », un ouvrage dénonçant les crimes horribles commis par l’empereur envers les Noirs, lors du rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises en 1802.

Une nouvelle fois, la machine médiatique s’embrase. On avança même l’argument fallacieux d’un antisémitisme sous-jacent, voire d’une pseudo-confrontation noirs/juifs pour prendre à parti l’opinion publique et ternir les revendications des Noirs qui souhaitent, non pas minimiser la portée de la Shoah, loin de là, mais simplement que l’on traite leur mémoire de façon digne et respectable et que des mesures concrètes soient prises pour que la lutte contre les conséquences contemporaines de ce « Crime » (racisme, discriminations, inégalités...) deviennent des priorités gouvernementales (Liberté, Egalité, Fraternité).

3- Que fait-on de la morale dans l’histoire ?

Toute histoire doit se terminer au moins avec une morale saine. Or dans le cas de l’esclavage et de la traite, il n’y a point de morale. Le décret du 27 avril 1848 qui prévoit de dédommager financièrement les planteurs, ne prévoit absolument rien pour les esclaves. Mieux, dans le cas d’Haïti, une ordonnance signée sous la menace militaire française par les autorités haïtiennes en 1825, obligea les anciens esclaves à verser à la France la somme de 125 millions de francs-or au titre du dédommagement des planteurs. Cette somme a été intégralement payée. Comment peut-on dans ce cadre d’immoralités généralisées parler de « Droits de l’homme » et être crédible ? C’est la même « ironie » de 1789 qui doit donc encore se perpétuer ?

Nier cette exigence de morale que requiert l’histoire emprisonne à jamais le discours médiatique, historiographique et politique dans la petite bulle nauséabonde de l’hypocrisie, du mensonge et de l’auto-contradiction systématique. Il s’agit de faire un choix, celui de la raison dynamique et de la fraternité sincère.

Car, le piège de l’auto-contradiction menace ceux qui feront un autre choix. Tel Monsieur Sarkozy qui dans le même discours d’Agen, invective les porteurs de la mémoire en disant qu’il s’agit de ceux qui « préfèrent chercher dans les replis de l’histoire une dette imaginaire que la France aurait contracté à leur égard ». Tout en déclarant plus loin que « Nous avons une dette que nous n’avons pas réglée envers ceux qui ayant versé leur sang pour la France ont été chassé de leur pays et ont tout perdu ». Faut-il rappeler que les esclaves avaient été chassés de leur terre, déportés de leur continent et donc avaient tout perdu pour finir sur une plantation française où ils ont versé leur sang en travaillant sans salaire, dans des conditions inhumaines ravalant inexorablement les termes « espérance de vie » et « natalité » à de simples euphémismes ?

Ce piège de l’auto-contradiction, on le retrouve encore dans son discours de Toulon, lorsqu’il dit : « des fautes (...) que souvent leurs pères n’ont commises que dans votre imagination ». Et pourtant précédemment, dans le même discours, nous pouvons lire : « L’occident longtemps pêcha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d’injustices furent commis ».

A vrai dire, l’auto-contradiction guette toux ceux qui cherchent à fuir l’évidence et la morale, tel l’universitaire US Steven Han qui dans le Monde Diplomatique de mai 2006 [1], tentait d’édulcorer l’aspect génocidaire des plantations sucrières en ces termes : « Les plantations de cannes à sucre n’étaient pas des abattoirs : elles fonctionnaient selon un système de travail fondé sur l’exploitation et l’oppression, auquel les esclaves s’adaptaient et contre lequel ils luttaient tout à la fois ».

Mais en disant cela il se contredisait lui-même, car préalablement il avait consigné dans le chapitre traitant des retombées financières des plantations que « L’économie sucrière réalisait alors des bénéfices considérables et les planteurs estimaient moins coûteux de faire travailler leurs esclaves jusqu’à l’épuisement et d’en racheter pour remplacer ceux qui succombaient que d’encourager leur reproduction naturelle ». Il s’agit donc bien d’un génocide et cela d’autant plus que la loi cerne précisément le processus d’extermination, peu importe la durée d’agonie de la victime.



4- Auto-contradiction & stratégie de falsification

En fait, le discours eurocentriste français dit tout et son contraire car ayant succombé à la tentation de la négation historique, de la falsification et du stéréotype, il est aujourd’hui en panique.

Par exemple pour des faits consignés sur des rapports d’explorateurs depuis le XIIIème siècle puis sur des notes de négriers portugais dès le XVème siècle, on a eu doit à un reporting des faits qui frise l’incompétence pour baigner dans l’hypocrisie.

En effet, dès l’époque des Lumières, les Africains furent présentés au public français comme des populations primitives, sauvages et païennes que la traite, l’esclavage et la colonisation tentaient de civiliser à la sauce occidentale. Puis l’argument fallacieux de l’évangélisation forcée vint renforcer cette argumentation.



Mais aujourd’hui, considérant à juste titre qu’il serait SUICIDAIRE de défendre l’idée que les européens auraient été capables de se livrer à un véritable commerce avec des peuplades complètement sauvages, l’eurocentrisme se voit contrainte et forcée de contredire ses propres thèses, en proclamant que les mêmes africains s’étaient finalement dotés de configurations étatiques puissantes qui commerçaient entre elles.

D’où la déclaration suivante de Steven Hahn, toujours dans le Monde Diplomatique [2]« Nous savons aujourd’hui que les Européens qui naviguèrent le long de la côte occidentale de l’Afrique, à partir de la moitié du XVème siècle, découvrirent un monde qui avait atteint, économiquement et politiquement, un niveau de développement comparable au leur. Les Africains pratiquaient l’exploitation minière, l’industrie, l’agriculture et l’élevage ; ils entretenaient depuis des siècles des relations commerciales avec des pays éloignés ». Pensez-vous vraiment que cette constatation date d’aujourd’hui ?

Et même l’argument majeur des africanistes français voulant que les grands empires africains (Mali, Zimbabwé, Ghana...) aient été fondés par des blancs mythiques venus de nulle part, thèse pourtant largement développée dans le « Que sais-je » consacré à l’Afrique noire, est maintenant combattue par O.P.Grenouilleau [3] , pour les besoins de la cause de la thèse « commercialiste » qu’il défend. Bref, le discours eurocentriste est un « berceau à roulettes » que l’on déplace à son grès en fonction des besoins de l’idéologie socio-politique et néo-colonialiste du moment.

5- La France face à la traite et l’esclavage

Le bilan français peut s’établir de la sorte :

4220 expéditions négrières légales donc il faut tabler sur près de 5000 expéditions au total [4] (le port de Nantes représente à lui seul 41, 3 % du total),

sur une base moyenne de 350 captifs par voyage, le total est de 1 750 000 déportés pour près de 10 500 000 victimes [5],

Lieux de pratiques esclavagistes françaises : Ile Maurice, Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe, Haïti...

1642 (édit de Louis XIII) : début de la traite française,

1685 : mise pratique du Code Noir,

1789 : vote de la Déclaration universelle des droits de l’homme,

1848 : abolition définitive de l’esclavage sur le sol français.

Estimation de rentabilité financière de la traite et de l’esclavage pour la France en 200 ans d’exploitation du bois d’ébène (1642 à 1848) :

8 000 000 000 de Frs au total (au taux de la valeur de la monnaie française de 1753). Somme représentant les bénéfices tirés de la vente des produits des colonies. Somme à réévaluer au taux actuel de l’euro. [6]

20 000 000 000 de $ au total, pour près de 5 000 expéditions négrières françaises, soit une rentabilité moyenne retenue de 4 000 000 $ par voyage au taux de la monnaie US en 1854. Somme résultant de la vente de captifs africains dans les colonies. [7]

En conclusion, dévaloriser publiquement le Crime commis et reconnu comme tel par la Loi et par la République, porter atteinte à la mémoire des victimes, comme le fait Monsieur Nicolas Sarkozy est une attitude surprenante pour un chef d’Etat dont la mission est de veiller justement à l’application et au respect des lois.

LE FARI DEN MAITRISANT UN ENNEMI

Posté le 19.05.2008 par awassapaul
LE FARI DEN MAITRISANT UN ENNEMI
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