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Amadou Hampâté Bâ

Amadou Hampâté Bâ

Posté le 15.02.2008 par awassapaul
Amadou Hampâté Bâ
est né en janvier ou février 1900 ou 1901 à Bandiagara, chef-lieu du pays dogon et ancienne capitale de l'Empire toucouleur du Macina. Enfant de Hampâté Bâ et de Kadidja Pâté Poullo Diallo, il est descendant d’une famille peule noble. Après la mort de son père, il sera adopté par le second époux de sa mère, Tidjani Amadou Ali Thiam, de l’ethnie toucouleur. Il fréquente d’abord l’école coranique de Tierno Bokar, un dignitaire de la confrérie tidjaniyya, avant d’être réquisitionné d’office pour l’école française à Bandiagara puis à Djenné. En 1915, il se sauve pour rejoindre sa mère à Kati où il reprendra ses études.

En 1921, il refuse d’entrer à l’école normale de Gorée. À titre de punition, le gouverneur l’affecte à Ouagadougou, en qualité d' « écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ». De 1922 à 1932, il occupe plusieurs postes dans l’administration coloniale en Haute-Volta (actuel Burkina Faso) puis jusqu’en 1942 à Bamako. en 1933, il obtient un congé de 6 mois qu’il passe auprès de Tierno Bokar, son maître spirituel.

En 1942, il est affecté à l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) de Dakar grâce à la bienveillance de son directeur, le professeur Théodore Monod. Il y effectue des enquêtes ethnologiques et recueille les traditions orales. Il se consacrera notamment à une recherche de quinze ans qui le mènera à rédiger « l'Empire peul du Macina ». En 1951, il obtient une bourse de l’UNESCO lui permettant de se rendre à Paris et de rencontrer les milieux africanistes, notamment Marcel Griaule.

En 1960, à l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des Sciences Humaines à Bamako et représente son pays à la conférence générale de l’UNESCO. En 1962, il est élu membre du Conseil exécutif de l’UNESCO. En 1966, il participe à l’élaboration d’un système unifié pour la transcription des langues africaines. En 1970, prend fin son mandat à l’UNESCO.

Amadou Hampâté Bâ se consacre alors entièrement à son travail de recherche et d’écriture. Les dernières années de sa vie, il les passera à Abidjan à classer ses archives accumulées durant sa vie sur les traditions orales d’Afrique de l’ouest ainsi qu’à la rédaction des ses mémoires « Amkoullel l’enfant peul » et « Oui mon commandant ! » seront publiés après sa mort le 15 mai 1991.


Bibliographie [modifier]
L’Empire peul du Macina (1955, nouvelle édition en 1984)
Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara (1957, réécrit en 1980), adapté au théâtre par Peter Brook en 2003.
Kaïdara, récit initiatique peul (1969)
L’Étrange destin du Wangrin (1973, grand prix de littérature d’Afrique noire 1974)
L'Éclat de la grande étoile (1974)
Jésus vu par un musulman (1976)
Petit Bodiel (conte peul) et version en prose de Kaïdara (1977)
Njeddo Dewal mère de la calamité (1985, conte fantastique et initiatique peul)
La Poignée de poussière, contes et récits du Mali (1987)
Amkoullel l’enfant peul (mémoires I, 1991) et Oui mon commandant ! (mémoires II, 1994) seront publiés après sa mort
Il n'y a pas de petites querelles : nouveaux contes de la savane (Stock, 1999) où figure le conte Le Cadavre de Hyène-Mère

Citations [modifier]
« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » 1960 à l'UNESCO.
« Les peuples de race noire n'étant pas des peuples d'écriture ont développé l'art de la parole d'une manière toute spéciale. Pour n'être pas écrite, leur littérature n'en est pas moins belle. Combien de poèmes, d'épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l'oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poèmes ! » 1985, lettre à la jeunesse.
« Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs. »
« Si tu sais que tu ne sais pas, alors tu sauras. Mais si tu ne sais pas que tu ne sais pas, alors tu ne sauras point. »


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