L’appréciation de nos Humanités Classiques Africaines et l’enseignement pédagogique de celles-ci implique que nous puissions léguer aux jeunes générations panafricaines des repères précis. Il en va de notre responsabilité d’adulte de satisfaire le plus précisément que possible, ce besoin d’information.
Malheureusement les adultes actuels, qu’ils soient diplômés ou non, sont très loin de pouvoir apprécier leur très haut niveau de responsabilité dans la transmission de notre patrimoine intellectuel aux jeunes générations, tant l’aliénation culturelle et l’ignorance ont ravagé leur conscience.
Ainsi, les grands mathématiciens kamits de la période pharaonique, dont le très haut savoir a si souvent été l’objet de l’éloge des Grecs, sont aujourd’hui de parfaits inconnus pour la plus part d’entre nous. Quel spectacle affligeant !
C’est pour y remédier que je souhaite vous faire découvrir certains d’entre eux.
Les savants africains de la période pharaonique…
L’histoire africaine antique ne nous a laissé que très peu de noms de savants kamits. C’est probablement dommage aujourd’hui car nous aimerions transmettre beaucoup plus d’informations à la jeunesse panafricaine. Ce fait s’explique cependant par le fait que pour les Africains anciens, Amon-Râ, le Grand Architecte et Créateur de l’Univers et de tous les êtres vivants était le seul maître de toutes les connaissances intellectuelles. En somme, toute connaissance venant de Dieu lui-même, il était impoli pour un être humain de décréter qu’il avait inventé tel ou tel concept. D’où le fait que sur la plupart des documents, nous n’avons pas précisément le nom du mathématicien.
Pour résoudre ce problème et commencer notre collecte de noms, il nous faut donc nous pencher sur les écrits des Grecs anciens qui ont eux, connus ces hommes, reçus leurs enseignements et donc témoignés de leur éminent savoir.
La liste des auteurs Grecs nous ayant renseigné sur ces personnages sont notamment Plutarque, Diodore de Sicile, Hérodote, Jamblique, Platon, Diogène Laërte, Plocus, Strabon, etc.
En parcourant leurs écrits, nous constatons qu’Hérodote stipule que Pythagore fut un des élèves des savants africains de l’époque et Jamblique, biographe de Pythagore, a d’une part avoué que ce dernier avait étudié les mathématiques pendant 22 ans en Egypte et d’autre part, que tous les théorèmes de géométrie repris par les Grecs venaient de Kemet (l’Egypte).
Proclus affirme encore que c’est Thalès qui a le premier introduit la géométrie en Grèce après avoir découvert cette science en Afrique tandis qu’Aristote désigne lui l’Afrique noire comme berceau des arts mathématiques.
Ainsi, de tous les peuples de l’antiquité, les Kamits sont les seuls à avoir donné aux mathématiques une définition. Nous retrouvons celle-ci en en-tête du Papyrus de Rhind, recopié vers 1650 avant l’ère chrétienne, d’après un original qui remonte lui à près de 2040 avant l’ère chrétienne. Cette définition est la suivante :
« Méthode correcte d’investigation dans la nature pour connaître tout ce qui existe, chaque mystère, tous les secrets ».
Ainsi, comme le stipule le professeur Théophile Obenga [1] :
"Si l’histoire des mathématiques était écrite de façon scientifique, c’est à dire juste, sereine et objective, au lieu de continuer de parler du "triangle de Pythagore", on parlerait plus correctement du "triangle égyptien", car les Egyptiens ont connu mathématiquement ce fameux triangle, sacré à leurs yeux, plus de mille ans avant la naissance du mathématicien grec Pythagore à qui l’on attribue injustement la primauté de la découverte de ce triangle. L’antériorité est africaine, égyptienne (…) Pythagore a étudié en Egypte auprès des prêtres…".
Quelques noms de mathématiciens Kamits
Djehuty
Appelé Thot ou Hermès par les Grecs, c’est le premier mathématicien africain de tous les temps. Divinité détentrice de tous les savoirs émanant d’Amon-Râ, c’est lui qui reçu la mission d’enseigner ces savoirs aux hommes en tenant néanmoins compte de leur haut niveau de sagesse, condition nécessaire à toute initiation aux sciences.
Imhotep (2700-2625 avant l’ère occidentale) :
Appelé « Asclépios » par les Grecs, son nom kamit signifie « Celui qui vient en paix ». S’il est surtout connu pour être le Premier Ministre du pharaon Djoser et l’inventeur de la médecine, il convient de ne pas oublier qu’il est le bâtisseur de la première pyramide à degrés construite en Afrique dans le complexe de Saqqarah.