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II- Sa formation scientifique et philosophique à Paris

II- Sa formation scientifique et philosophique à Paris

Posté le 15.05.2008 par awassapaul
En 1946, Cheikh Anta Diop entame ses études supérieures à Paris où il s’inscrit aux cours de mathématiques au lycée Henri IV. Mais désireux de parfaire ses connaissances en philosophie, il s’inscrit également à la Sorbonne tout en poursuivant ses travaux en linguistique. Il rencontre alors le professeur Henri Lhote, le découvreur des fresques du Tassili, avec lequel il se lie d’amitié.

Très occupé, il se focalise sur sa licence de philosophie qu’il termine en 1948 et dès 1949, sous la direction du célèbre philosophe des sciences Gaston Bachelard, il intitule son premier projet de thèse de doctorat ès-lettres : « L’avenir culturel de la pensée africaine ».

En 1950, la Faculté des sciences de Paris le distingue en lui remettant deux Certificats de chimie (en Chimie Générale et Chimie Appliquée). En 1951, sa thèse secondaire, qu’il peaufine sous la direction de Marcel Griaule (le révélateur du savoir scientifique des Dogons), devient : « Qu’étaient les Egyptiens prédynastiques ». Mais, les enjeux d’un tel travail étant bien évidemment lourd de conséquences pour les thèses coloniales, aucun jury académique n’accepta la responsabilité d’examiner officiellement son travail.

Plus tard, il dira dans une interview qu’au « moment où l’impérialisme atteint son apogée, dans les temps modernes, en tout cas au XIXème siècle, l’Occident découvre que c’est l’Egypte et une Egypte noire qui a apporté tous les éléments de la civilisation à l’Europe et cette vérité, il n’était pas possible de l’exprimer, voilà la réalité ! L’Occident, qui se croyait chargé d’une mission civilisatrice en direction de l’Afrique, découvre en fouillant dans le passé, que c’est précisément cette Afrique Noire (...) qui lui a donné tous les éléments de la civilisation aussi extraordinaire que cela puisse paraître. Et cette vérité, tous les savants n’étaient pas disposés à l’exprimer ».

Il en prend acte et publie en 1954 aux éditions Présence Africaine alors dirigées par son ami Alioune Diop, un ouvrage détonant qui présente ses principales thématiques de recherches et qui assène dès sa sortie, un coup fatal à l’idéologie eurocentriste de la supériorité des peuples nordiques sur les autres espèces humaines en général et des Nègres en particulier. Il s’agit de « Nations Nègres et Culture - De l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui », dans lequel il fait la démonstration éclatante non seulement de sa puissance de réflexion mais aussi des ruses et astuces utilisées par les plus grands spécialistes mondiaux en matière de falsification historique. [1]



L’ouvrage est si avant-gardiste que les intellectuels nègres, tous désireux de ne pas se mettre à dos l’establishment intellectuel français, vont donc donner leur langue au... maître blanc. Seul Aimé Césaire, dans un ouvrage qui restera à jamais comme la plus grande condamnation de l’impérialisme européen, à savoir « Discours sur le colonialisme » écrira en 1955 qu’il s’agit du « livre le plus audacieux qu’un nègre ait jamais écrit » et qu’il « comptera à ne pas douter dans le réveil de l’Afrique ». [2] « Nations nègres et culture » faisait suite à la publication en 1948, d’une première étude intitulée « Etude linguistique ouolove - Origine de la langue et de la race valaf », publié déjà par C. A. Diop dans la revue Présence africaine.




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