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III- Le combat scientifique contre la falsification de l’histoire de l’Afrique et la victoire éclata

III- Le combat scientifique contre la falsification de l’histoire de l’Afrique et la victoire éclata

Posté le 16.05.2008 par awassapaul
DEMONSTRATION AU TABLEAU Chercheur averti et grand militant politique, Cheikh Anta Diop a légué à la jeunesse panafricaine des ouvrages d’une rare érudition historiographique publiés aux éditions Présence Africaine :

Nations nègres et culture (1954)
L’Unité culturelle de l’Afrique noire (1959)
L’Afrique noire précoloniale (1960)
Antériorités des civilisations nègres - Mythes ou vérité historique (1967)
Parenté génétique de l’égyptien pharaonique et des langues négro-africaines (1977)
Civilisation ou Barbarie (1981)

Restait à Cheikh Anta à trouver une opportunité pour forcer les spécialistes mondiaux de l’histoire égyptienne à venir débattre de la question de l’origine ethnique des Egyptiens Anciens. Car bien que des avis aient été émis dans la presse française, dès la parution de « Nations nègres et culture » (Le Républicain Lorrain en 1956, l’Observateur n°288 - nov. 1955, L’information des 6 et 7 mai 1956, etc.) et des critiques sans consistances aient été formulées par des chercheurs français (Robert Cornevin, Louis-Vincent Thomas, Jean Suret-Canale, Georges Balandier, Henri Brunschwig, Raymond Mauny, Jean Devisse, Raoul Lonis), Cheikh Anta Diop constate que l’intelligentsia française « fuit le débat scientifique d’une façon qui ne trompe personne », en particulier « lorsqu’on substitue à la réfutation des arguments, une explication « psychologiques » de la motivation d’une œuvre » [1]]. Il entend par là signifier que les critiques de ses travaux, se bornent à dresser l’inventaire de son passé d’ex-colonisé sans jamais aborder les questions de fond ! Et c’est sur le fond qu’il entend affronter ouvertement tous les spécialistes des thèses eurocentristes.

Le Colloque international du Caire organisé du 28 janvier au 3 février 1974 par l’UNESCO et portant directement sur la question de l’origine ethnique des Egyptiens anciens et du déchiffrement de l’écriture méroïtique, va donc lui fournir l’occasion qu’il attendait depuis longtemps. Il s’agit pour l’organisme international de sceller la rédaction d’une œuvre encyclopédique intitulée « Histoire Générale de l’Afrique ».

Afin qu’aucune excuse ne soit émise pour porter un préjudice quelconque à ce colloque de confrontation scientifique, Cheikh Anta Diop a formulé et obtenu que les spécialistes mondiaux soient informés et invités au moins un an à l’avance (pour qu’ils aient le temps de bien préparer leurs arguments) et d’autre part, que le rédacteur du rapport final ne soit pas choisit dans son camp. Pour faire face à cet aréopage de savants occidentaux, Diop n’a choisit qu’un seul savant africain, le professeur Théophile Obenga qui deviendra son fidèle disciple en matière de linguistique comparée, d’égyptologie et d’historiographie africaine.

Une raclée !!! Tel fut le sort subit par les savants mondiaux qui durent finalement reconnaître ouvertement, face à la batterie d’arguments scientifiques présentés par Diop et Obenga, l’origine néfro-africaine de la civilisation pharaonique. C’est principalement en raison de cette déroute magistrale et de ses très probables conséquences sur l’idéologie coloniale, que les spécialistes français, en parfaits hypocrites, n’ont jamais médiatisé ce colloque ni intégré ses conclusions dans leurs travaux ultérieurs.

Il est important de rappeler que le rapport officiel de l’UNESCO rédigé par le professeur Jean Devisse mentionne que « Le professeur Vercoutter a déclaré que, pour lui, l’Égypte était africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser. Le professeur Leclant a reconnu ce même caractère africain dans le tempérament et la manière de penser des Égyptiens ».




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