
Après Tyeba, son successeur Babemba s’occupa activement à renforcer la défense de Sikasso. De 1893 à 1898, chaque année de son règne fut marquée par quelque amélioration de tracé ou par quelque construction nouvelle. Il augmenta l’épaisseur des tata de Tyéba et donna l’ordre de remplacer partout les toitures en paille par des toitures en terre, afin de prevenir les ravages d’un incendie possible. Il fit édifier une troisième enceinte, dans la partie méridionale de la ville ; plus solide, elle a un tracé plus régulier ; les murs sont ici en pierres bien appareillées et cimentées avec du banko ; ils sont renforcé à la base. En 1897, par un travail acharné, il doubla presque l’etendue de la forteresse, en y englobant tous les villages détachés à proximité. En prévision d’une attaque par les Français, Babemba renforça les défenses extérieures de sa capitale ; il plaça une forte garnison de sofa dans le village du Surukani, à environ 1 kilomètre de Sikasso ; ce village fortifié permettait de prendre à revers tout ennemi s’avançant en direction de la capitale.
Sur les flancs des collines avoisinantes, il fit construire des tranchées et des galeries souterraines aboutisssant à l’intérieur de l’enceinte. En 1898, Sikasso était devenue une ville sans égale dans tout le Soudan Occidental, par le chiffre de sa population et la valeur de ses moyens de défense : Morisson estimait la population à 40 000 habitants environ, repartis de manière assez dense à l’intérieur d’une forteresse de 120 hectares de superficie. La garnison de la ville comptait environ 2000 cavaliers bien armés et 10 000 fantassins aguerris par de nombreux combat ; une quarantaine de fantassins habillés et équipés à la mode européenne étaient spécialement affectés à la garde du dyônfutu. La ville principale s’enfermait dans un tata de 8 à 9 kilomètres de déveleppement d’enceinte ; cinq principales portes permettaient d’y accéder.
Les approvisionnement de toute nature étaient considérables à Sikasso ; un nombre insolite de greniers à mil existaient dans l’enceinte et pouvaient suffire à la consomation d’une année. Sikasso, qui résista victorieusement aux troupes de Samori et constitua longtemps un défi contre les colonnes françaises, s’offrait sous un aspect impressionnant ; le point de vue de Morrisson sur cette fortersse en dit long : " Jamais encore il n’aura été donné aux troupes d’occupation du Soudan d’aborder un obstacle aussi sérieux et aussi considérable ... l’ensemble total de l’ouvrage, avec son enchevêtrement de murailles et de terrasses présente un bloc compact de terre dans lequel le canon seul pourra ouvrir un chemin au colonnes d’assaut...
L’étendue même de la ville est un danger, les troupes se perdant dans le dédale des couloirs, des culs de sacs et des cours ". Pour prevenir la constitution d’un front de lutte entre Samori et Babemba, les Français résolurent d’attaquer Sikasso en 1898 . Après un long siège de douze jours et un bombardement intensif de la ville, l’assaut est décidé pour le premier mai. Les derniers défenseurs, armés de fusils à tir rapide, après une résistance héroïque, se firent tuer aux côtés de leur chef Babemba. Les fortifications de Sikasso furent en partie détruites et le donjon rasé. Les murailles furent progressivement démentelées, leur matériau ayant servi à la construction du Sikasso moderne. Cependant il subsiste encore des ruines imposantes des tata de Tyéba et Babemba, ruines qu’il importe de protéger et de restaurer.